Les déficits publics en ligne de mire

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« Il faut réduire les dépenses courantes pour accroître les dépenses d'avenir. » Lors de ses v?ux, Nicolas Sarkozy a confirmé aux Français ce qu'il avait déjà annoncé le 14 décembre lors de sa conférence de presse consacrée au grand emprunt : « Il va falloir dépenser moins, mais dépenser mieux. » Dans la foulée, il avait promis la convocation, fin janvier, d'une conférence sur les déficits publics réunissant les responsables de l'État, des organismes sociaux et des collectivités locales.Il y a effectivement urgence. Selon les chiffres révélés par l'Insee quelques heures avant la Saint-Sylvestre, la dette publique française a atteint 75,8 % à la fin du troisième trimestre 2009, contre 66 % un an auparavant. Pour l'année 2009, elle atteindra 77,9 % et, fin 2010, elle devrait monter à 84 % sans même tenir compte du grand emprunt. Cette année, le déficit budgétaire du seul État est officiellement prévu à 116 milliards d'euros (montant probablement dépassé en raison du manque à gagner sur la taxe carbone) celui de la Sécurité sociale, à 30,6 milliards, un record !S'il suffisait d'une conférence entre spécialistes à Bercy pour réduire les dépenses publiques et dégonfler la dette, cela se saurait. D'ailleurs, selon Éric Woerth, le ministre du Budget et des Comptes publics, l'objectif de la conférence est moins d'arrêter les moyens de réduire les déficits que de persuader l'opinion de la gravité de la situation des finances publiques après une année de crise.une loi pluriannuelleUne fois la conférence organisée, le gouvernement devrait pourtant passer aux actes. François Fillon a promis le dépôt d'une loi pluriannuelle « qui planifiera une baisse de la dépense publique sur plusieurs années ». De son côté, Éric Woerth avait annoncé lors de la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale « des mesures structurelles » pour résorber le déficit de l'assurance-maladie qui devrait dépasser 10 milliards en 2010.Quelles mesures le gouvernement va-t-il pouvoir inscrire dans ce projet de loi ? Politiquement, il pourrait envoyer un signal fort en inscrivant un objectif chiffré de réduction des déficits, comme c'est le cas en Allemagne. Mais une fois inscrit, comment le tenir ? Le gouvernement va évidemment poursuivre sa politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, même si la Cour des comptes vient, dans un récent rapport, de critiquer l'efficacité de ce mécanisme. Bercy compte pourtant étendre cette règle à tous les établissements publics. Tout en relançant la Révision générale des politiques publiques, le gouvernement prépare aussi un programme de réduction des frais de fonctionnement de l'État qui devrait permettre d'économiser 1 milliard à terme. Insuffisant toutefois pour inverser la courbe des déficits. Le gouvernement sera donc contraint de s'attaquer enfin aux niches fiscales et sociales, ce qu'il a refusé de faire en 2009. P. C.

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