Volvo investit massivement... pour réduire ses coûts

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Touché par la crise, Volvo Car Group va investir onze milliards de dollars (8,5 milliards d\'euros) entre 2011 et 2015. Objectif principal: créer une seule plate-forme modulable et une nouvelle famille de moteurs à quatre cylindres nettement plus sobres et capables de couvrir l\'ensemble de sa gamme. Pour réduire les coûts. Ces deux projets \"représentent l\'un des plus importants investissements jamais réalisés en Suède\", affirme le constructeur de Göteborg, rival d\'Audi ou BMW.  La plate-forme SPA (Scalable Product Architecture - Architecture Produit Evolutive) est \"une architecture flexible composée de modules partagés, de systèmes et de composants évolutifs, tous fabriqués sur un même process\" industriel.\"40% de composants communsAvec environ 40% de composants partagés par l\'ensemble de nos modèles, et ce indépendamment de leurs dimensions, nous bénéficierons d\'économies d\'échelle qui doperont notre compétitivité\", explique dans un communiqué Peter Mertens, vice-président en charge de la  recherche et du développement. Cette plate-forme remplacera celles issues de la coopération avec Ford, l\'ancien propriétaire du suédois Volvo, lequel appartient aujourd\'hui au chinois Geely. Les V40, lancées cette année, partagent en effet encore leurs dessous avec la compacte Ford Focus. La grande S80, ou la S60 de gamme moyenne supérieure, partagent pour leur part leur base avec la Ford Mondeo.Premier modèle fin 2014\"Pratiquement la moitié des 11 milliards de dollars couvrant les années 2011 à 2015 sera investi sous forme d\'infrastructures destinées à la nouvelle architecture de véhicules et à la nouvelle famille de moteurs\", souligne le  groupe scandinave. \"Les deux-tiers environ de nos investissements en Suède sont consacrés à l\'extension et à la mise à niveau de l\'outil de production\".  Le premier modèle reposant sur la nouvelle architecture sera le gros 4x4 Volvo XC90 de prochaine génération, qui sera lancé fin 2014.Chômage partielPlus fragile que ses concurrents allemands à cause de sa plus forte dépendance vis-à-vis de l\'Europe de l\'ouest et de l\'absence d\'un marché national fort, la firme de Göteborg a annoncé vendredi dernier une réduction de sa production en décembre sur les sites de Gand, en Belgique, et de Torslanda, en Suède. \"La réduction des volumes sera mise en oeuvre par l\'arrêt de la production un certain nombre de jours \", a indiqué Volvo Cars dans un communiqué. La production sera arrêtée pendant deux jours à Gand (5.200 salariés) et trois jours à Torslanda (3.200). Le groupe avait déjà chômé du 29 octobre au 2 novembre  sur son site de Torslanda.Le constructeur, propriété du chinois Geely, a également annoncé la baisse de cadence de  production en 2013 sur le site suédois. Le volume de production passera à 45 voitures par heure, contre 50 actuellement. En octobre, Volvo Cars avait déjà décidé la diminution des cadences en 2013 à GandValse des patronsVolvo est dans la tourmente. Il a en effet brutalement changé de patron à la mi-octobre.  Le suédois Hakan Samuelsson, 61 ans, a remplacé l\'allemand Stefan Jacoby, 54 ans. Le constructeur présentait alors ce changement comme \"nécessaire pour accroître la compétitivité et les ventes en Chine\"! Certaines sources laissent entendre que Stefan Jacoly avait des vues divergentes avec Li Shufu, patron de Geely qui a repris la firme scandinave à Ford en 2010. Volvo est en pleine réduction de coûts. Pour les réduire, le constructeur avait fait passer un message extrêmement dur vis-à-vis de ses fournisseurs en septembre: 400 sous-traitants devaient impérativement baisser leurs prix de 20% en trois ans, selon le journal économique suédois Dagens industri.Faibles économies d\'échelle jusqu\'icLa marque scandinave n\'est pas très rentable. Elle avait annoncé un tout petit bénéfice opérationnel de 239 millions de couronnes (28 millions d\'euros) sur les six premiers mois de 2012, divisé par six par rapport à la même période de 2011. Le chiffre d\'affaires semestriel a légèrement progressé de 3,9%, à 65,3 milliards de couronnes (7,7 milliards d\'euros), mais les ventes en volume ont reculé de 4% à 221.309 unités. Malgré la qualité reconnue de ses véhicules, Volvo Cars (rien à voir avec le groupe AB Volvo qui produit des camions) reste un petit constructeur produisant essentiellement dans des pays à coûts relativement élevés (Suède, Belgique), avec de trop faibles économies d\'échelle jusqu\'ici. Il fabrique 3,5 fois moins de véhicules qu\'Audi, lui-même adossé au groupe Volkswagen. 

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