Le bio monte en puissance chez Terrena

La consommation de produits issus de l'agriculture biologique augmente de 10 % par an en France, mais l'offre ne suit pas et paradoxalement, « nous importons une bonne partie de ce qui est consommé dans l'Hexagone, même les aliments pour le bétail », constate Gilles Rambault, responsable de la filière bio de Terrena. Pour satisfaire la demande, le premier groupe coopératif français (3,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires) utilise deux leviers : la relocalisation de la production agricole et l'accompagnement de ceux, parmi ses adhérents, qui sont prêts à basculer de l'agriculture conventionnelle au biologique. reprise de conversionDepuis 2009, la tendance est plutôt à une reprise des conversions. À l'engouement pour le bio du début des années 2000, né des crises alimentaires, avait succédé un creux dans les années 2004 à 2008. Toutes les filières sont concernées (oeufs, céréales, lait, viande), mais le passage reste délicat et requiert une parfaite maîtrise des techniques de production naturelle pour s'affranchir totalement des produits chimiques. Pour soutenir ses adhérents, Terrena s'est doté, depuis une dizaine d'années, d'une filière bio qui a généré en 2009 un chiffre d'affaires de 58,7 millions d'euros (+ 6 %) avec une centaine de salariés, et dispose de ses propres outils : deux usines d'aliments du bétail en Mayenne et en Vendée réservées aux élevages de Terrena ; trois abattoirs dédiés aux volailles bio à Saint-Hermine (Vendée), au porc bio à Laval (Mayenne) et aux bovins et aux ovins bio à Alençon (Orne) ; enfin, un moulin à Moisdon-la-Rivière (Vendée) produisant des farines bio. Si cette filière est « raisonnablement » rentable, l'enjeu pour Terrena consiste maintenant à accroître sa productivité pour réduire les écarts de prix entre les produits bio et les aliments classiques. Cela permettra d'accroître les conversions afin de répondre à la demande croissante. « L'amélioration de la productivité passe par la relocalisation de la production pour maîtriser et réduire la chaîne logistique, mais aussi renforcer la sécurité alimentaire », explique Gilles Rambault. La première étape consistera à quadrupler les surfaces de production de céréales biologiques pour les porter à 4.000 hectares d'ici à 2013-2015, sachant qu'aujourd'hui Terrena ne couvre que 20 % des besoins en céréales de ses adhérents meuniers et éleveurs. Fabienne Proux, à Nante

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