American Express dans le viseur de la concurrence

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Les consommateurs américains devraient, à terme, bénéficier de plus de rabais et autres offres promotionnelles en payant, notamment, en liquide plutôt qu'avec leurs cartes de crédit. C'est le résultat d'une instruction de deux ans, qui a débouché lundi par des actions de la justice américaine à l'encontre des trois principaux organismes de crédit que sont MasterCard, Visa et American Express « accusés d'empêcher les commerçants de proposer au clients des ristournes, primes et autres informations sur les coûts desdites cartes de paiement. »Concrètement, à chaque fois qu'un client utilise une quelconque carte de crédit pour procéder à un achat, le vendeur reverse une commission, d'un ou deux centimes par dollar dépensé, aux établissements émetteurs de cartes de paiement. En revanche, les boutiques n'ont absolument pas le droit d'encourager le chaland à choisir la méthode de règlement la moins chère pour elles, voire d'y adjoindre une promotion incitative. « Anticoncurrentiel, » a statué le procureur général de New York qui dénonce une forme de « racket » évalué à « 35 milliards de dollars par an » sans que les clients, selon lui, n'y gagnent une quelconque contrepartie. MasterCard et Visa, qui contrôlent à deux 70 % du marché, ont préféré trouver un accord à l'amiable plutôt que de s'engager dans une bataille judiciaire, longue et onéreuse. Cette transaction, encore sujette à l'approbation de la cour de justice, devrait permettre aux américains, mieux informés par leurs magasins, de bénéficier de plus de flexibilité.bras de fer judiciaireReste qu'American Express, troisième acteur du marché et le plus gros en terme de volume des dépenses, ne l'entend pas de cette façon. Son très emblématique PDG Kenneth Chenault s'est indigné de cette « charge discriminatoire » contre les détenteurs de carte AmEx, plus chère certes « mais qui offre des services et produits largement supérieurs. Et pour lesquels nos clients ne veulent pas être importunés. » Cette plainte survient alors que les organismes de cartes de crédit sont dans le collimateur de la justice, et en particulier des régulateurs financiers, depuis plus de deux ans. Difficile de prédire quel sera l'impact financier pour AmEx de ce bras de fer judiciaire. Mais dès l'annonce de cette nouvelle lundi l'action dévissait à Wall Street de 6,5 % et encore de 3 % hier à mi-séance. Sixtine Léon-Dufour, à New YorkMasterCard et Visa contrôlent 70 % du marché.

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