Bottega Veneta, la nouvelle pépite de François-Henri Pinault
La Tribune
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Lorsque l'on demande à François-Henri Pinault, le patron de PPR, s'il ne regrette pas d'avoir laisser passer Hermès au profit de son concurrent LVMH, la réponse fuse : « il faut être réaliste, nous n'avions pas les moyens et cela aurait été redondant avec Bottega Veneta. » Cette petite marque italienne, inconnue des non initiés, est désormais suivie de près par François-Henri Pinault. Contrairement à Gucci, qui ne progresse « que » de 17 % en 2010, quand Hermès et Louis Vuitton grimpent de 25 % et 21 %, Bottega Veneta, elle, croît de 27 %, et même de 41 % sur le second semestre. Mieux, sa marge opérationnelle a bondi de 22,8 % à 26,1 % en un an, faisant du maroquinier italien, racheté en 2001, la marque la plus rentable de PPR.Certes, ses prix ne sont pas encore au niveau de ceux d'Hermès. Un sac coûte en moyenne 1500 euros, contre 800 euros chez Gucci et 3.000 euros chez Hermès. « Mais nous faisons progresser nos prix très régulièrement », assure François-Henri Pinault. Le fameux Veneta en cuir tressé est ainsi passé de 800 euros en 2001, à 1.500 aujourd'hui. Pour le justifier, Bottega Veneta mise sur l'ultra luxe. Son designer, Thomas Maier, qui a d'ailleurs oeuvré 10 ans chez Hermès avant de rejoindre Bottega en 2001, prend le parti du « no logo », un luxe discret qui se passe de commentaires. Une demande en croissanceDans les ateliers de Vincenze (banlieue de Venise), les 230 ouvriers maison travaillent le crocodile ou le galuchat (peau de poisson rare) comme des artisans, pour les commandes spéciales. Soixante-dix ateliers sous-traitants se chargent des classiques. Pour répondre à la demande croissante, le président de la marque depuis janvier 2009, Marco Bizzarri, soutient de nouveaux ateliers indépendants autour de son atelier principal. « Nous sommes en train de créer un quartier artisanal pour être plus fort sur notre territoire », explique-t-il à « La Tribune ». L'autre force du maroquinier est de vendre 80 % de ses produits dans ses 148 boutiques en propre, ce qui lui permet d'augmenter ses prix à son rythme et d'offrir toujours plus de service aux clientes. « Nos vendeurs du monde entier visitent les ateliers pour devenir de vrais ambassadeurs de la marque », souligne Marco Bizzarri. Comme Hermès, son principal souci aujourd'hui est d'avoir des boutiques trop petites pour présenter l'ensemble de sa collection. Les treize nouvelles ouvertes en 2010 sont donc jusqu'à deux fois plus grandes que les anciennes. Parmi elles, onze se situent dans les pays émergents, qui pèsent 35 % des ventes de Bottega Veneta aujourd'hui, alors qu'ils ne figuraient pas sur son radar il y a cinq ans. « Les hommes chinois sont particulièrement friands de notre luxe non ostentatoire », se félicite le président.Ne reste donc plus pour la signature italienne qu'à sortir du tout maroquinerie (encore 80 % de ses ventes) afin de séduire les consommateurs autour d'un univers complet de marque. Un parfum sort en septembre après du prêt à porter, des chaussures, de la haute joaillerie, des meubles, etc. François-Henri Pinault a déjà autorisé une rallonge de 30 % de son budget publicitaire, histoire de rendre Bottega Veneta désirable par tous, même si elle ne sera abordable que par quelques uns... Comme Hermès. Sophie Lécluse
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