Éric Le Lann  : « New York, la vitrine des jazzmen »Vingt ans...

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Éric Le Lann : « New York, la vitrine des jazzmen »Vingt ans après, Éric Le Lann est revenu à New York pour son dernier album. Après le jazz fusion et sa rythmique d'enfer, en 1989, l'acoustique reprend ses droits sous les doigts du trompettiste breton, aujourd'hui résident du Morbihan. Le Lann laisse parler sa sensibilité avec un trio new-yorkais de premier rang (David Kikoski, pianiste, Douglas Weiss, bassiste, et Al Foster, batteur). Membre à part entière du grand orchestre de Martial Solal, partenaire régulier d'Archie Shepp, coanimateur d'un duo électrique avec le bassiste Jannick Top, Éric Le Lann (52 ans) évoque trois décennies de métier et sa passion durable pour le jazz. Comment choisit-on de « monter » à Paris pour devenir jazzman ?Depuis l'âge de 8 ans, je jouais de la trompette. Mon père, trompettiste amateur, m'a appris les rudiments, mais j'ai été refusé au conservatoire de Saint-Brieuc. Restait Paris. Ma véritable école, ce furent les clubs de jazz avec des « b?ufs » qui pouvaient durer jusqu'à 6 heures du matin. Et la journée, je travaillais mon instrument dans ma chambre. Les premiers engagements sont venus à partir de 1980 dans des petites formations (Henri Texier) et des big bands (Patrice Caratini, Martial Solal).Vous avez aussi « fait de la variét頻 pour vivre?À cette époque, beaucoup de jazzmen jouaient avec des chanteurs et des chanteuses. J'ai ainsi été dans l'orchestre de Bernard Lavilliers pendant un an, et aussi chez Henri Salvador. Mais j'ai arrêté très vite la variété. Je ne voulais pas tomber dans la facilité.En 1989, après un enregistrement à New York, vous n'avez pas eu envie de rester là-bas ?L'émulation entre les musiciens est incroyable à New York. Je l'ai constaté à chacun de mes voyages. Jouer à New York, c'est une formidable vitrine pour un jazzman. Mais les jazzmen américains eux-mêmes gagnent leur vie en donnant des concerts en Europe et au Japon !Comment peut-on « tenir » comme jazzman aujourd'hui ?En trente ans, le nombre de jazzmen a été multiplié par dix en France et le nombre des lieux pour jouer n'a lui pas bougé. Personnellement, je vis du jazz depuis trois décennies. Mes recettes ? Il faut s'imposer des objectifs, être curieux, conserver sa motivation. Sinon, on peut toujours devenir professeur, ce n'est pas dégradant [sérieux], mais ce n'est pas l'idée initiale d'un jazzman [rires] !Jean-Louis LemarchandConcerts : Rennes le 8 novembre ; Bray-et-Lû (95710) le 17 novembre ; Toulouse le 18 novembre ; Reims le 19 novembre.

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