Tiger Woods revient... et les dollars avec
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Phil Knight «?himself?» l'avait dans le viseur. Triple vainqueur de l'US Amateur, Tiger «?Eldrick?» Woods était annoncé comme le Mickael Jordan du golf. «?LA?» star incontestée. De celles qui révolutionnent un sport. Knight tout puissant, fondateur du célèbre équipementier au «?swoosh?», dégaine son hélico et débarque à Augusta pour séduire ce gamin de 20 ans qui a tapé ses premiers drives à 4 ans devant les caméras de télé. Earl, son père, est sous le charme d'un contrat à 30 millions d'euros étalés sur 5 ans : «?Je n'étais pas en vie pour voir Monet peindre mais je suis là pour voir Tiger Woods jouer?», s'exclame Knight, à l'époque, cigare aux lèvres. La bulle Woods explose.Contrats à profusion, droits télé stratosphériques et merchandising à outrance, le golf n'est plus le même. L'histoire de Woods, sa couleur de peau, la puissance de son swing et son habileté à «?tuer?» un tournoi résonnent comme des faits inédits, vecteurs absolus d'audience. Les networks américains le savent. En 1997 et 2001, lors des deux premières victoires de Woods au Masters, CBS bat ses records pour le golf (plus de 10 millions de personnes devant leur écran). Exploser les compteursCette semaine, ESPN et CBS vont exploser tous les compteurs. La conférence de presse de Woods lundi dernier a été retransmise en direct par des dizaines de chaînes dans le monde dont, par exemple, Euronews et la BBC en Europe. L'afflux de journalistes people dépasse l'entendement. «?Seul hic, les demandes étaient largement dépassées, ils ne pourront shooter Tiger Woods qu'à l'extérieur de l'enceinte d'Augusta, soit mission totalement impossible?», se réjouit Martha Wallace chef de presse du Masters depuis plus de trente ans.Avant ses déboires conjugaux, Woods représentait en 2009 près de 110 millions de dollars de contrats publicitaires juteux. Depuis, le tigre ne rugit plus. Etranglé, pris au piège, Woods n'a d'autre choix que de prospecter lui-même avec l'aide de son agent chez IMG, Mark Steinberg. Par ailleurs, certaines rumeurs souvent mal placées insinuent que Woods a aligné les chèques pour acheter le silence de ses maîtresses dont Rachel Uchitel, considérée comme la plus vénale. Le business Woods aujourd'hui ressemble aussi à cela. 1,5 milliard de dollars ?Exit Accenture, adepte du «?BtoB?», place désormais aux marques de poker en ligne par exemple. Au royaume des «?goodies?», sa Majesté Woods est Roi. «?Les marques n'ont jamais eu à se plaindre de mon comportement vis-à-vis d'elles?», s'est d'ailleurs empressé de préciser Tiger Woods lundi.En sommeil depuis fin 2009, la PGA nord-américaine renaît. La pieuvre floridienne qui gère les très lucratifs tournois ayant lieu sur le sol US se frotte les mains. Woods revient. Et sa manne de dollars avec. Le chiffre d'affaires indirectement engendré par le numéro un mondial, avant la révélation de ses affaires de moeurs, était estimé à 500 millions de dollars. Aujourd'hui, certains observateurs évoquent le chiffre supersonique de 1,5 milliard de dollars. Phil Knight avait sans doute vu juste. Nike n'a jamais divorcé de son poulain...
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