Des AOC européens pour nos produits industriels

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uspectée d'en vouloir aux produits « bien de chez nous », du camembert au rosé, la Commission européenne a décidé de voler au secours de nos petits producteurs au savoir-faire inégalé. La porcelaine de Limoges, les couteaux Laguiole, la dentelle de Bruges, le cristal de Bohème, la verrerie de Venise... sont tous en proie à la contrefaçon venue de Chine ou d'Inde. Bruxelles souhaite donc créer des appellations d'origine contrôlées (AOC) pour les produits manufacturés, de la même manière que ce qui existe déjà pour les produits agricoles. « Tous ceux qui innovent et qui ont des traditions doivent pouvoir protéger la propriété intellectuelle de ce qu'ils mettent sur le marché », déclare Michel Barnier à La Tribune. Le commissaire européen en charge du Marché intérieur observe que l'on a su « protéger des productions agricoles traditionnelles de vins ou encore de fromages tout en accompagnant les agriculteurs et les viticulteurs pour qu'ils vivent avec leur temps, qui est celui de la mondialisation », et que « la même idée doit être mise en oeuvre pour la protection de certaines productions traditionnelles, dans certaines régions ». L'objectif du Savoyard est de mieux protéger la propriété intellectuelle des productions traditionnelles requérant un savoir-faire et une authenticité. RéglementationsContrairement aux grandes entreprises, les petits producteurs ne disposent généralement pas des moyens financiers pour se protéger par eux-mêmes. Ces indications géographiques existent déjà au niveau national dans la plupart des Vingt-sept mais pas au niveau européen. Les réglementations varient d'un pays à l'autre et ne sont valables que sur le territoire national. Aussi, lorsqu'un container de produits traditionnels français ou allemands contrefaits en Chine est déchargé sur le port d'Anvers, les autorités françaises ou allemandes sont impuissantes. Ce nouvel outil réglementaire sera également très utile à l'UE dans les discussions commerciales avec la Chine ou l'Inde. Actuellement, selon un responsable bruxellois, les négociateurs européens ne disposent d'aucun moyen ou compétence en la matière. La Commission compte réaliser dès cette année une étude pour mieux appréhender la taille et l'économie de la production traditionnelle européenne, avant de faire des propositions législatives en 2012 pour protéger les indications géographiques.Y.-A. N., à Bruxelle

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