Le casse-tête d'une coalition aux Pays-Bas

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En obtenant contre toute attente 24 sièges sur les 150 que compte la chambre basse aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté (PW), classé à l'extrême droite de l'échiquier politique batave, rebat les cartes. Alors que les derniers sondages lui prédisaient 17 sièges, et qu'elle en détenait 9 dans la chambre sortante, la formation se classe désormais en troisième position derrière le parti libéral (WD), 31 sièges, et le parti travailliste (PvdA), 30 sièges, de l'ancien maire d'Amsterdam Job Cohen. Le leader populiste, Geert Wilders, qui s'est rendu célèbre par ses diatribes contre l'islam, a d'ores et déjà prévenu : « Nous voulons vraiment entrer au gouvernement. » La formation avait fait campagne sur la lutte contre l'immigration et la nécessité de revenir à la rigueur budgétaire.Cette percée du WD a minoré le succès de Mark Rutte, le chef du parti libéral, qui ramène sa formation au pouvoir après presqu'un siècle d'absence. Surtout, elle va lui compliquer la tâche pour former une coalition pour diriger le pays. Initialement, Mark Rutte penchait pour une entente avec les chrétiens-démocrates (CDA), qui dirigeaient ces dernières années le pays avec les travaillistes. Mais usés par le pouvoir, ils subissent une véritable déroute. Au parlement, ils ne comptent plus que 21 sièges contre 41. Jan Peter Bal-kenende, leur leader, qui a assuré quatre mandats de Premier ministre, s'est dit « très déçu » et a annoncé qu'il ne siégerait pas et renonçait au leadership de la formation. Exigences et incertitudesLa nomination d'un nouveau dirigeant pour le CDA ajoute une nouvelle inconnue à l'équation de la future coalition que doit résoudre Mark Rutte. Initialement, il comptait constituer rapidement un gouvernement de centre-droit, mais les exigences de Geert Wilders et les incertitudes sur le CDA risquent de rendre les tractations laborieuses. Dans un contexte difficile pour la zone euro, créé par la crise grecque, les libéraux ont fait campagne sur la rigueur budgétaire. Leur programme prévoit des économies de l'ordre de 20 milliards d'euros.Surtout, Mark Rutt a martelé qu'en cas de victoire il voulait constituer un gouvernement avant le 1er juillet pour présenter un projet de budget en septembre. Un objectif qui risque d'être remis en cause au regard de la répartition politique du parlement. Si Mark Rutt a dit n'exclure aucune hypothèse pour former une coalition, ce qui est assuré, selon les observateurs, c'est que les tractations en coulisse devraient durer plusieurs mois. n

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