Les bonus tournent à la crise politique en Grande-Bretagne

La question des bonus des banquiers se transforme à nouveau en crise politique en Grande-Bretagne. Après avoir passé sur le grill toute la matinée le patron de Barclays, Bob Diamond, le gouvernement britannique a été forcé de se défendre à la chambre des communes sur son attitude de « laisser-faire » sur le sujet.L'opposition travailliste est l'arme au poing. Elle a d'ailleurs posé une « question urgente » au parlement, s'étonnant des propos de David Cameron, qui affirmait dimanche ne pas pouvoir faire grand-chose pour arrêter les bonus. Le premier ministre britannique soulignait en particulier qu'il fallait faire attention à ne pas endommager les banques britanniques.George Osborne, le chancelier de l'Echiquier, a tenté de s'expliquer au nom du gouvernement. Il affirme qu'il est « en discussions avec les banques pour voir s'il peut trouver un accord » pour que « les établissements financiers paient des bonus inférieurs à ce qu'ils avaient prévu » et s'engagent, en outre, à augmenter leurs prêts aux entreprises et aux particuliers britanniques. Tourner la pageAvant le débat à la chambre des communes, le comité parlementaire au Trésor avait reçu Bob Diamond, le nouveau directeur général de Barclays. Pendant deux heures et demi, les députés britanniques sont revenus à la charge, essayant de le déstabiliser. Mais il n'a pas craqué et a refusé de renoncer publiquement à son bonus cette année. « C'est une décision personnelle, que je prendrai en concertation avec ma famille », répond Bob Diamond, qui rappelle qu'il avait l'an dernier renoncé à son bonus.Sa défense consiste à avertir des dangers de renoncer aux fortes rémunérations. « On ne peut pas isoler les bonus et dire que cela n'aura pas de conséquences. » Selon lui, une telle attitude risquerait de faire fuir les principales banques du Royaume-Uni. « On peut choisir de ne pas avoir de banques d'investissements au Royaume-Uni, mais je ne crois pas que ce serait à l'avantage du pays. » Il en profite pour préciser qu'il n'a pas l'intention de déménager le siège de Barclays aux États-Unis, contrairement à d'insistantes rumeurs. Il souhaite surtout tourner la page : « la période des remords et des excuses de la part des banques devrait être terminée. » Visiblement, la classe politique britannique ne l'entend pas de cette oreille.Éric Albert, à Londre

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