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Publié le 12 mars 2013 à 22:02 - Mis à jour le 12 mars 2013 à 22:02

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En dépit d\'une réorganisation plutôt réussie des services de renseignements français en 2008, il existe toujours quelques trous dans la raquette en terme de ressources humaines. « En tout, environ 13.000 personnes travaillent pour le renseignement français - une centaine à TRACFIN (Service de traitement du renseignement et d\'action contre les circuits financiers clandestins, ndlr), plus de 6.000 à la DGSE », rappelle pourtant le Coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini. Toutefois, les patrons de certains des services de renseignements, aujourd\'hui au nombre de six, sont toujours à la recherche de certaines compétences... rares, qui coûtent cher. En tout cas, pas toujours au salaire d\'un fonctionnaire lambda. Comme l\'explique le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Patrick Calvar, qui dispose de 3.301 agents : « pour ce qui est des contractuels, parce que nous sommes soumis aux règles de la police nationale, nous ne pouvons, à la différence de la DGSE, recruter qui nous voudrions faute de pouvoir verser les salaires attendus. Mais comment parer les cyber-attaques si nous n\'avons pas dans nos rangs les ingénieurs qui nous permettraient de comprendre et d\'anticiper les manœuvres ? »Aux termes d\'un arrêté du Premier ministre du 9 mai 2011, la communauté française du renseignement compte six services : la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue en 2008 du rapprochement entre les anciens Renseignements généraux (RG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST), la Direction du renseignement militaire (DRM), service essentiellement opérationnel et technique ; la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), qui assure la protection des personnels, des installations et des entreprises de la défense, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), et enfin le Service de traitement du renseignement et d\'action contre les circuits financiers clandestins, TRACFIN.Des linguistes beaucoup trop rares Les différents services ont donc quelques manques dans leur organisation. C\'est notamment le cas de certains linguistes spécialistes de langues rares. « Il faut se préoccuper des éventuelles crises à venir, explique le directeur de la DRM, le général Didier Bolelli, qui est à la tête d\'un service de 1.620 personnes. C\'est pourquoi nous avons besoin d\'interprètes en chinois, en persan, etc. Or il s\'agit de langues rares, difficiles et qui ne s\'apprennent pas en six mois. Nous ne pouvons non plus dépendre de ressortissants locaux dont la fiabilité est plus difficile à évaluer ». C\'est aussi le cas à la DPSD. « Actuellement, je n\'ai pas suffisamment de spécialistes arabophones, aussi dois-je faire appel à la DGSE, explique le patron de la DPSD, le général Jean-Pierre Bosser, qui aura sous ses ordres 1.100 agents en 2014. Pour éviter de trop recruter, nous mutualisons nos services ». La DPSD n\'a pas été épargnée par les réorganisations qui touchent le ministère de la Défense. « À l\'issue de la période 2008-2014, elle aura perdu plus de 13 % de ses effectifs, soit 177 postes », précise le général Bosser.A la DGSE, son patron, le préfet Érard Corbin de Mangoux, qui revendique 5.000 agents, estime « le problème (des linguistes, ndlr) est récurrent, bien que des solutions ponctuelles soient toujours trouvées ». Ainsi la DGSE se sert de la Légion étrangère qui « est un vivier important tant il est difficile de recruter des traducteurs, qui doivent être habilités, parmi des étrangers souvent entrés dans notre pays comme réfugiés politiques ».Des flux d\'informations difficilement maîtrisablesTous les services de renseignements sont concernés par l\'émergence d\'un nouveau paramètre, la maîtrise des flux d\'informations. Pour le directeur général de la DGSE, « le véritable enjeu économique et technologique, pour lequel tout est à construire, est le traitement automatisé des données dont la quantité ne cesse de croître ». Ce que confirme le général Didier Bolelli : « la maîtrise des flux d\'informations doit s\'adapter à l\'accroissement exponentiel de ceux-ci. Tous les services de renseignements sont confrontés à ce même défi. Enfin, nous estimons notre besoin en personnels supplémentaires à une centaine de postes pour remplir parfaitement nos missions et nous adapter à leur rapide évolution ».Les besoins en personnel supplémentaire de la DRM « résultent de la rapide augmentation du nombre de dossiers que nous avons à traiter », explique le général Didier Bolelli. « Depuis ma prise de fonctions il y a trois ans, je n\'ai connu que des situations de crise, faisant se succéder les cellules du même nom, fonctionnant 24 h sur 24 : Afghanistan, Côte d\'Ivoire, Libye, République centrafricaine, la Somalie par intermittences du fait de la piraterie le long de ses côtes, et maintenant le Mali. Or nos ressources en personnels étant forcément limitées, je me vois souvent contraint de basculer des agents de la fonction d\'anticipation stratégique vers la fonction d\'appui aux opérations ». Du coup, la DRM a « surtout besoin d\'analystes renseignement et de spécialistes du domaine de l\'imagerie, car Musis nous fournira davantage d\'images ».

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