Le patronat et les syndicats espagnols s'attaquent aux blocages du marché du travail

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dialogue socialEnfin une bonne nouvelle économique pour José Luis Rodríguez Zapatero : le dialogue entre interlocuteurs sociaux reprend. Il s'était abruptement interrompu en juillet dernier, provoquant une vive polémique publique entre le président du gouvernement espagnol et la confédération patronale CEOE, le premier accusant la seconde d'avoir présenté des revendications maximalistes empêchant tout accord global. Cette rupture avait entraîné un blocage généralisé de la négociation collective, menaçant l'Espagne d'une déflagration sociale à la mesure d'un taux de chômage frôlant les 20 % de la population active.C'est d'ailleurs par le biais de la négociation collective que les fils, aujourd'hui, se renouent. La CEOE et les deux grands syndicats vont négocier sans plus tarder un grand accord-cadre qui établira la « fourchette » d'augmentations salariales pour les trois prochaines années. Ce type d'accord est une constante dans l'histoire récente de l'Espagne, et a puissamment contribué à la paix sociale. Les interlocuteurs sociaux, toutefois, n'avaient pas jusqu'ici réussi à mettre en ?uvre ce mécanisme dans un contexte très différent des années antérieures : celui d'une baisse généralisée des prix, les syndicats se refusant à envisager un « gel » généralisé des salaires.le temps partiel favoriséUne fois résolu ce premier volet, les interlocuteurs sociaux veulent, dès le début de 2010, aborder le copieux chapitre des réformes structurelles. Patronat, syndicats et gouvernement s'accordent d'ores et déjà sur une première mesure : permettre, selon le modèle allemand, qu'un travailleur qui voit son nombre d'heures de travail réduit puisse en échange percevoir une partie proportionnelle des allocations de chômage. Ce qui revient en fait à favoriser le travail à temps partiel, encore très marginal en Espagne puisqu'il ne concerne à l'heure actuelle que 8 % du stock total de contrats de travail.Une fois cette mesure mise sur les rails viendra ensuite le plat de résistance : la réforme du marché du travail qui, pour le patronat, signifie avant tout la réduction du coût du licenciement, il est vrai très élevé en Espagne. Mais les syndicats sont très réticents : ils font valoir que le grand problème des entreprises, aujourd'hui, n'est pas la rigidité du marché du travail mais bien l'insuffisance de la demande, qui ne se résoudra certainement pas, soulignent-ils, en augmentant la sensation de vulnérabilité des salariés-consommateurs. Une opinion que partage d'ailleurs le gouvernement socialiste.Thierry Maliniak, à Madrid

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