« La Défense et la lutte contre les déficits, c'est la même cause »

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Le Salon Eurosatory ouvre ses portes ce lundi. Vous attendez-vous à la signature de contrats importants ?C'est le plus grand salon de l'armement terrestre mondial et la vitrine technologique de l'industrie de Défense française. Ce salon est d'autant plus important que l'export hors de l'Union européenne prend une part plus significative du fait de la contraction des budgets de la Défense dans la plupart des pays d'Europe alors que le monde entier se réarme. Les pays émergents accroissent leur budget de Défense. Ça devrait être un sujet de réflexion pour l'Europe.Votre ministère sera-t-il épargné par les économies budgétaires que la crise de l'euro impose à la France ?Entre la Loi de programmation militaire (LPM) et la lettre de cadrage de François Fillon (maintien des dotations budgétaires de l'État sans compensation de l'inflation), il y a une différence de près de 5  milliards d'euros cumulés sur trois ans. Cela signifie que le volume des crédits affectés à la Défense serait sensiblement différent des 377 milliards d'euros initialement prévus. Nous devons donc travailler et présenter au président de la République un schéma compatible avec le nécessaire effort qui est demandé à l'ensemble de la Nation et avec l'ambition qui est la nôtre en matière de Défense. Mais comme je le dis souvent, la Défense et la lutte contre les déficits, c'est la même cause.Sur quelle hypothèse travaillez-vous ? Annulations de programmes, suppressions d'emplois...Il est trop tôt pour le dire.Est-ce le bon moment pour vendre une partie de votre patrimoine immobilier du fait du regroupement des états-majors dans le quartier de Balard, à Paris ?C'est effectivement une question de « timing ». Nous prendrons le temps qu'il faudra. Je me refuse à brader notre patrimoine. Nous cédons notre patrimoine au fur et à mesure des opportunités du marché. D'une façon générale, l'immobilier se tient très bien en France. Nous ne déménageons pas avant 2014. Nous avons donc le temps.À ce propos, compte tenu de l'état d'avancement de ce dossier, pensez-vous que le déménagement se fera bien en 2014 ? Balard, c'est le symbole de la nouvelle organisation du ministère de la Défense. Tous les chefs seront réunis dans un même lieu autour du ministre pour travailler ensemble. Nous sommes parfaitement dans les temps. Actuellement nous menons le dialogue compétitif avec les entreprises. Nous disposerons des maquettes des projets beaucoup plus achevées à l'été. Et je vous confirme qu'il y aura bien sur le site une piscine de 25 mètres, comme prévu. Ces polémiques sont stupides. Je voudrais seulement rappeler que Balard regroupera 10.000 personnes et qu'il s'agit d'édifier une infrastructure pour des décennies, sinon des siècles.La volonté du gouvernement d'aligner le régime de retraites des fonctionnaires sur celui des salariés du privé concernera-t-elle les militaires ?On ne peut pas conserver une armée moderne, c'est-à-dire jeune et professionnelle, sans un système de retraite approprié. Même quand ils ont repoussé l'âge légal du départ à la retraite de leurs fonctionnaires ou de l'ensemble des salariés, les grands pays disposant d'armées professionnelles n'ont pas hésité à préserver un système spécifique pour les militaires.Donc on n'y touchera pas ?Peut-être à la marge. Mais, je rappelle que le régime actuel est à peu près équivalent à ce qui existe aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Le régime de retraite des militaires n'est en rien scandaleux.Quelles leçons tirez-vous de l'échec de l'opération d'échanges d'actifs entre Thales et Safran ?Je suis convaincu qu'elle finira par se faire. La France a besoin de grands champions industriels. Ce projet a un vrai sens. Même si les réorganisations importantes en cours chez Thales ont fait que cette opération était prématurée. Mais j'en ai tiré les conséquences. J'ai gelé une centaine de contrats d'études qui permettent de faire d'importantes économies. C'est un moyen de pression...... Non. Je considère que le contribuable n'a pas à financer les bureaux d'études qui travaillent sur les mêmes sujets. S'ils ne veulent pas bouger, c'est qu'ils n'ont pas besoin d'argent public.Au sujet de l'A400M, il se dit que les administrations des pays clients détricotent en ce moment l'accord impulsé par les politiques...Pas du tout. C'est long et difficile mais j'espère bien pouvoir signer un nouveau contrat avant la fin de l'été. Peut-être en juillet.2010 devait être excellente en matière d'exportations pour la France. Êtes-vous toujours aussi optimiste ? Si nous signons un des contrats majeurs, je n'ai aucune raison de réviser à la baisse nos prévisions. Le premier trimestre a été difficile, mais nous avons obtenu la commande de 12 hélicoptères EC725 en Malaisie. Je suis allé au Mexique pour ouvrir des discussions sur 6 hélicoptères supplémentaires. Êtes-vous toujours tenté par une candidature à la présidentielle de 2012 ?Il n'y a pas de démocratie sans une offre pluraliste. La famille centriste constitue un courant de pensée qui a toujours existé dans notre pays. Il a aussi toujours été représenté lors des élections présidentielles. Il n'y a donc aucune raison que 2012 fasse exception à la règle. Avec quel candidat ? La question sera tranchée au dernier trimestre 2011.Que pensez-vous du rapprochement entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou ?François Bayrou est celui qui a porté la critique la plus radicale contre Nicolas Sarkozy. Souvenez-vous de son livre sur l'enfant barbare. De 2007 à 2010, il a envoyé ses troupes aux combats électoraux au nom de l'antisarkozysme avec le succès qu'on lui connaît. Expliquez-moi la cohérence de sa démarche !Avec la remontée du Front national, Nicolas Sarkozy peut aussi vouloir éviter que trop de candidatures l'empêchent d'être présent au second tour...Qui peut penser qu'une candidature centriste soit une candidature de trop ! Si nous en venions à redouter un 21 avril à l'envers, c'est que vraiment nous serions tombés bien bas.

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