Le Royaume-Uni relance l'extraction de gaz de schiste

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Après une année et demi de suspension, le gouvernement britannique vient d’autoriser la relance de l’extraction de gaz par fracturation hydraulique. « Le gaz de schiste représente une potentielle ressource énergétique prometteuse pour le Royaume-Uni, a justifié jeudi matin Ed Davey, le ministre à l’Energie et au Climat. Il pourrait contribuer sensiblement à notre sécurité énergétique, à réduire notre dépendance vis-à-vis du gaz importé, alors que nous nous dirigeons vers une économie moins consommatrice de CO2. »Une décision \"basée sur des preuves\" scientifiquesL’enregistrement en avril et mai 2011 de deux tremblements de terre autour de l’un des sites exploités par la société britannique Cuadrilla avait provoqué l’arrêt des forages au mois de juin suivant. Cette technique, qui suppose l’injection dans les sols d’eau pressurisée mélangée à des produits chimiques pour percer les rochers et relâcher le gaz contenu sous terre, reste très contestée en raison de ses conséquences sur l’environnement. Le ministre a pourtant rejeté toutes ces critiques. S’il a expliqué que cette pratique « ne doit pas se faire aux dépens des communautés et de l’environnement », il a assuré que sa « décision est basée sur des preuves, elle vient après une étude détaillée de la dernière recherche scientifique disponible et les conseils des principaux experts du secteur ». Ses projections économiques sont par ailleurs mises en doute par les experts du secteur, qui estiment que l’impact sera très limité sur les prix de l’énergie et sur l’approvisionnement énergétique national.Le maire de Londres a encouragé son pays « à se lancer dans le gaz de schiste immédiatement »Cette annonce n’est néanmoins en rien surprenante. Elle participe à une prise de position récente et massive des responsables conservateurs en faveur des industriels sur des sujets sensibles. En début de semaine, le ministre à l’environnement Owen Paterson a assuré « être très clair que ce serait une bonne chose » que son Premier ministre soutienne les OGM « à un moment approprié », tandis que le maire de Londres, Boris Johnson, a encouragé son pays « à se lancer dans le gaz de schiste immédiatement ».Ces déclarations confirment également la montée en puissance des lobbies industriels. Alors que le gouvernement vient de dépasser la moitié de son mandat de cinq ans et que sa réélection semble assez compromise, les industriels désirent sans doute s’assurer du passage de certaines lois qui leur permettraient de prendre solidement pied au sein du très juteux marché européen. Pas sûr que les Britanniques apprécient.  

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