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L'Europe doit participer à la future gouvernance mondiale

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Publié le 14 avril 2011 à 19:25 - Mis à jour le 14 avril 2011 à 19:25

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PerspectivesL'Union européenne est actuellement tétanisée par les révolutions arabes, elle ne parvient pas à sortir de la crise économique et financière initiée en 2008 aussi vite que le Brésil, la Chine et l'Inde, ses nouveaux partenaires sur la scène mondiale. Ses institutions, ses politiques - et les gouvernements qui la composent - semblent en l'état de plus en plus contestées et sont surtout inadaptées aux défis de la mondialisation. L'individuation, l'hédonisme et le repli sur soi grandissant portent également atteinte aux valeurs qui ont pourtant fondé l'Europe et l'ont irriguée jusqu'à nos jours ; ils affaiblissent par là même son influence dans les affaires du monde alors que, sur bien des continents, elle est encore souhaitée et souhaitable. Dans la mesure où elle est attachée au devenir de l'Union, où elle ne renonce pas à poser les jalons d'une croissance respectueuse de la dignité humaine et de la création, dans la mesure où elle veut demeurer un acteur primordial dans un système des relations internationales dont le principe directeur puisse être le bien public « universel », l'Europe ne peut plus faire aujourd'hui l'économie d'une réflexion portant à la fois sur l'état de son modèle qu'elle prétend universel et sur les contours actuels et futurs de la gouvernance mondiale. C'est sans aucun doute un travail exigeant et de longue haleine ; les prémices en sont avant tout spéculatives, mobilisant aussi bien la philosophie, les sciences économiques, les sciences politiques et la théologie et sa mise en relation avec des praticiens de la gouvernance. Parmi les nombreuses questions qui sont à traiter, la définition même de la gouvernance est en question. La gouvernance au niveau européen ou mondial doit-elle être une coopération entre les États, les acteurs socio-économiques, ceux de la société civile et les personnes dont les principes seront l'éthique, la subsidiarité et le respect mutuel ou doit-elle n'être que le développement d'un système de normes économiques, financières et juridiques qui conduiraient progressivement à la création d'un gouvernement européen puis mondial sans bornes ? Dans la logique de l'encyclique « Pacem in Terris » (1963) de Jean XXIII appelant à la création d'une « autorité mondiale » et de celle des papes qui lui ont succédé, le premier modèle serait préférable. Il conviendrait mieux à leur double conviction : l'humanité est une, tous les hommes sont frères, unis dans la même destinée, étant créés par le même Créateur et nécessitant donc des formes d'organisation politique régionales comme l'Union européenne et universelles comme les Nations unies ; le politique dans nos sociétés de plus en plus complexes et en réseaux ne peut pourtant pas tout, son pouvoir doit être borné par des principes qui lui sont supérieurs comme la dignité humaine, l'éthique et le bien public « universel ». Si l'on vise la « gouvernance » plutôt que le « gouvernement » au niveau européen et mondial, il est toutefois évident qu'on ne peut pas plus faire abstraction d'une réflexion sur la nature des systèmes de production, de consommation et sur les déséquilibres éventuels des échanges au niveau des économies nationales ou des continents qu'on ne peut ignorer la réaffirmation des souverainetés et des différentes conceptions qu'ont les États des échanges économiques, des droits humains et sociaux, particulièrement dans les « États continents » (Brésil, Chine et Inde). En d'autres termes, les valeurs qui constituent et dépassent notre humanité doivent être reliées aux défis susmentionnés qu'engendre la mondialisation.Le tsunami survenu au Japon nous invite à lancer de nouvelles formes de coopération entre les nations et les hommes et à repenser comment l'Europe peut concourir à l'instauration d'une gouvernance mondiale (et au nom de quels principes). Pour autant, il faut éviter que la nouvelle gouvernance au niveau européen et mondial, fondée sur la coopération et un système de valeurs partagées, ne provoque in fine l'exacerbation identitaire et compétitive entre les blocs régionaux économiques (Alena, Asean, Mercosur, Union européenne, etc.), ne conduise de fait à un pouvoir politique sans limites, à un ensemble normatif insipide fruit d'un compromis sur le plus petit dénominateur commun et à une vision procédurale des rapports entre les hommes. Si tel était le cas, les critères de la vie bonne et du bien public « universel » en seraient abaissés.

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