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Copé, le vice-Premier ministre

La Tribune

Publié le 15 avril 2010 à 21:19 - Mis à jour le 15 avril 2010 à 21:19

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18 juillet 2026

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« On a topé. » L'expression est presque homologuée. C'est ainsi qu'avec un sourire, Jean-François Copé définit le tour nouveau pris par ses relations avec Nicolas Sarkozy après la défaite de l'UMP aux élections régionales. Le président du groupe majoritaire de l'Assemblée nationale estime même qu'il a conclu « une alliance objective » avec son aîné de dix ans. « Je lui ai délivré un message en trois points?: je ne serai pas candidat en 2012 car je me construis pour 2017, je fournirai une plate-forme programmatique pour 2012 avec les travaux de Génération France et j'ai pris goût à la liberté. » Jean-François Copé a ainsi conquis une place stratégique dans un cercle présidentiel quelque peu déboussolé par l'échec des 14 et 21 mars et fragilisé par l'usure du fonctionnement élyséen. Selon lui, cette « montée en puissance » a débuté en septembre 2009, au campus de l'UMP à Seignosse, quand il avait défié le secrétaire général du parti, Xavier Bertrand, en organisant un dîner avec des journalistes à l'écart des festivités programmées. Le député-maire de Meaux a ensuite pris soin de nourrir la chronique politique, avec ses initiatives parlementaires, de la fiscalisation des indemnités d'accidents du travail à la burqa. Des collaborateurs du chef de l'État, comme Claude Guéant, mais aussi les conseillers « en opinion », Pierre Giacometti et Patrick Buisson, ont alors défendu un rapprochement tactique. Le soir de la défaite aux régionales, Jean-François Copé a plaidé pour « un retour aux fondamentaux » de la campagne victorieuse de 2007 et pour « un nouveau pacte majoritaire » appuyé sur « trois piliers »?: les réformes vitales, comme les retraites et la réduction des déficits, l'emploi et la justice sociale et la sécurité et les valeurs de la République. « Le scénario a été validé par le président », insiste le député-maire de Meaux, en réponse aux critiques qui se sont aussitôt élevées dans la majorité, du président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. « Ils peuvent appeler ça la cueillette des olives en Haute-Provence s'ils le veulent. Le fait est que Nicolas Sarkozy n'a rien récus頻, ironise le patron des députés UMP. En assumant un rôle de « régulateur » auprès des députés UMP, chauffés à blanc contre le chef de l'État après la défaite, Jean-François Copé estime avoir protégé l'Élysée. « On a crevé les abcès mais il ne fallait pas pour autant brûler la maison », explique-t-il. A-t-il pour autant gagné son ticket pour Matignon comme on le laisse entendre à l'UMP?? Lui assure qu'aucun ministère, même le premier, ne le tente car il ne supporterait pas « une relation de subordination » à Nicolas Sarkozy. « C'est Sarkozy qui l'a viré du gouvernement en 2007, Jean-François s'est reconstruit à l'Assemblée, pas question pour lui de lâcher le royaume qu'il s'est bâti tout seul », glisse un député qui aime bien son président de groupe. « Nicolas Sarkozy ne lui demandera pas d'être Premier ministre car il ne veut pas prendre le risque que Copé refuse », précise le directeur de cabinet du président du groupe UMP, Jérôme Lavrilleux, avant de rappeler « le précédent » Christian Jacob. Le député chiraquien, très proche de Jean-François Copé, vient de refuser d'entrer au gouvernement. Il n'empêche que l'ascension de Jean-François Copé suscite des grincements de dents à droite. Les proches de François Fillon le soupçonnent de vouloir contrer les éventuelles ambitions présidentielles du Premier ministre. Et Xavier Bertrand, son « rival générationnel », souffre de le voir de plus en plus souvent dans la lumière élyséenne. « Nicolas est un bébé Chirac, souvenez-vous quand Chirac devait gérer Juppé et Séguin, lui doit faire pareil avec Copé et Bertrand », explique un élu. Le chef de l'État a d'ailleurs rendu la semaine dernière un hommage appuyé au patron de l'UMP en soulignant qu'il s'était « bien battu » pendant la campagne des régionales. Les relations se tendent aussi entre Jean-François Copé et Bernard Accoyer. Le président de l'Assemblée regrette que le groupe majoritaire du Palais-Bourbon « fonctionne davantage comme un parti politique au lieu d'être une courroie de transmission entre les Français et le gouvernement », ce qui fait qu'il « ne laisse plus d'espace au parti ».Peu importe, Jean-François Copé continue de creuser son sillon. Fin juin, son club Génération France comptera une centaine d'antennes en France, « soit un député sur trois » engagé dans le « think tank » du député-maire de Meaux, se réjouit son directeur de cabinet, Jérôme Lavrilleux. Il y a 3.000 adhérents à jour de cotisation et quelque 12.000 participants aux forums de discussion. Après un premier forum sur la dette, le 6 avril, quatre réunions seront consacrées avant la fin de l'année au travail, à la gouvernance, à la nouvelle économie et à l'identité « au sens large ». Début 2011, une plate-forme sera élaborée pour « être remise à Nicolas Sarkozy ». Dans le même temps, Jean-François Copé continue d'entretenir de bonnes relations avec les réprouvés du sarkozysme, comme Alain Juppé, Dominique de Villepin... sans oublier Rachida Dati. Les déjeuners « de potes » avec Christian Jacob, François Baroin et Bruno Le Maire, tous issus du chiraquisme ou du villepinisme, sont toujours aussi réguliers. Ses adversaires politiques et ses détracteurs au sein de la majorité cherchent la faille. Et dénoncent un certain manque de cohérence sur le bouclier fiscal, la publicité sur France Télévisions ou le mariage homosexuel. « Souvent Copé varie, c'est presque une formule », plaisante le socialiste François Hollande. Faux, répliquent ses proches. « Je revendique le temps de la réflexion », souligne le patron des députés UMP. On a souvent comparé Jean-François Copé à Nicolas Sarkozy?: même capacité à s'emparer de thèmes « porteurs », même ambition. Les deux hommes sont pourtant bien différents. Quand le chef de l'Etat tourbillonne dans un mélange d'affect et de stratégie, le député-maire de Meaux apparaît comme bien plus réservé, presque froid. Là où Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé pourraient se retrouver, c'est dans un pragmatisme décomplexé. Jusqu'où ira leur alliance?? Hélène FontanaudLe président du groupe UMP de l'Assemblée a opéré un rapprochement tactique avec Nicolas Sarkozy pour s'imposer comme un acteur de premier plan dans la majorité à l'approche de la présidentielle de 2012.« Je me construis pour 2017 et j'ai pris goût à la liberté. »Les déjeuners « de potes » avec Baroin, Le Maire et Jacob sont toujours aussi réguliers.

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