Les entreprises boudent les émissions d'actions...

C'est donc acté. Le comité de Bâle a porté à 7 % des fonds propres les nouvelles règles de solvabilité dans le secteur bancaire. Autant dire que les besoins de recapitalisation vont être importants pour les banques. Mais, contrairement à ce qui était redouté, le mouvement ne va pas être massif et précipité puisque celles-ci ont jusqu'à 2019 pour se mettre à niveau. Si les places financières ont clairement affiché leur soulagement en début de semaine, en revanche, le marché primaire en Europe voit se dissiper un effet d'aubaine.En matière de levées de fonds sur les marchés actions, l'année 2010 est bien terne par rapport à 2009. Selon les chiffres de Thomson Reuters, seulement 48,5 milliards d'euros ont été levés de janvier à août sur les marchés européens contre un total de 129 milliards en 2009. Il faut dire que pour faire face à la crise financière, les entreprises avaient été contraintes l'an dernier de lancer des augmentations de capital quitte à ce qu'elles soient dilutives pour les actionnaires. Une contrainte qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui et explique donc le faible nombre d'opérations. D'autant plus que la crise grecque tout comme les incertitudes pesant sur le rythme de la reprise en Occident ont par ailleurs suscité la défiance des investisseurs à l'égard des marchés d'actions. Si l'on ajoute à cela des niveaux de valorisation toujours faibles, les conditions ne sont pas requises pour lancer des augmentations de capital. augmentations de capitalMais les accords de Bâle III ne sont pas pour autant une mauvaise nouvelle pour le marché primaire. « Le fait que National Bank of Greece et Deutsche Bank se soient lancés dans des augmentations de capital sans plus attendre est un bon signe. Bâle III va permettre aux institutions financieres d'étaler dans le temps leur recapitalisation et, partant, d'éviter un mouvement d'engorgement qui aurait pu altérer la stabilisation des marchés actions », relativise Damien Girault, responsable du marché actions primaire en France et en Belgique chez Crédit Suisse. Celui-ci estime par ailleurs que « la reprise d'activité de M&A devrait générer l'execution d'augmentations de capital. Certains groupes tentés par une acquisition ou un plan de developpement tout en souhaitant par ailleurs préserver un bilan sain pourront alors se tourner vers le marché afin de présenter une histoire attractive ». Pour l'heure que les émissions d'actions restent peu nombreuses. En soi, le marché primaire européen a surtout connu un rebond des introductions en Bourse. Mais de façon générale, pour se financer, les grandes entreprises sont plus promptes à frapper aux portes du marché obligataire. C'est le cas pour des groupes comme Suez Environnement ou EDF. Le premier vient de boucler une émission de 750 millions d'euros tandis que le second en a émis pour 1 milliard de livres (1,2 miliard d'euros). Ces groupes auraient tort de s'en priver. Dans le cas d'EDF, en offrant un coupon de 5 % sur quarante ans, le groupe est assuré du succès de son placement auprès d'investisseurs en mal de rémunérations alors que les taux long sur les emprunts d'Etat plafonnent à 3 %.

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