Le retour au « made in France », est-ce que ça marche  ?

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La relocalisation de la production en France n'est encore qu'un épiphénomène. Parmi ses pionniers figure PEG. Il y a deux ans, ce fabricant d'oreillers et de couettes a rapatrié sa production de Chine en Normandie. Pourquoi ? « Nous n'avions pas assez de fiabilité, pas de traçabilité, pas assez de rigueur dans la production », raconte Alain Comalada, PDG de cette PME qui réalise un chiffre d'affaires de 23 millions d'euros, fournisseur de la grande distribution et de la vente par correspondance. Ces clients exigent un flux tendu de production. « Ce n'était pas possible en Chine. Les délais y étaient plus proches des trois mois que des trois jours », calcule-t-il. Du coup, PEG a investi 2,8 millions d'euros dans la construction d'une nouvelle usine à Varneville-Bretteville, non loin de celle de Desnestanville (Seine-Maritime), son siège social.Une qualité trop médiocre des produits fabriqués en Chine a aussi poussé Geneviève Lethu à revoir son « sourcing ». « Ça fait six ans maintenant ! Et j'ai eu bien raison », souligne Edmond Kassapian, PDG de l'enseigne d'arts de la table aux 160 magasins. Depuis, moins de 10 % de son offre est fabriquée en Asie, contre 40 % auparavant. Geneviève Lethu est revenue à Thiers, fief de la coutellerie, pour se fournir chez Verdier, et dans les Vosges, pour acheter ses nappes et serviettes chez Garnier-Thiébaut. « Le ?made in France? a permis à Geneviève Lethu de relancer ses ventes à l'export », indique Edmond Kassapian.produits haut de gammeDans le Jura, Atol, après avoir fait chou blanc en 2004, a trouvé un an plus tard le sous-traitant idéal pour fabriquer une collection de lunettes haut de gamme. Et ce, grâce aux perspectives de vente que lui assurait un réseau enrichi d'une centaine de points de vente en un an. Du coup, Atol y a rapatrié sa production depuis la Chine. Et depuis, il continue. Sa dernière création, les lunettes dont Adriana Karembeu vante les mérites, fait un tabac. Cette paire aux branches interchangeables sort des ateliers d'une PME installée à Morez. Atol en garde le nom secret. Et la coopérative d'opticiens assure que cette relocalisation a évité un plan social dans cet établissement employant 100 salariés.Alors, la relocalisation en France, ça marche vraiment ? Oui, mais seulement sur les produits haut de gamme : les lunettes Atol à 200 euros ou les chaussettes Olympia vendues 30 ou 40 euros. « Pour les produits à faible valeur ajoutée, nous aurons toujours du mal à lutter », juge Philippe Peyrard, directeur général délégué d'Atol. « Il faut pouvoir relocaliser la production à un prix jugé acceptable pour le consommateur », confirme Catherine Rambaud, PDG d'Olympia.La réalité économique fait son ?uvre. Et elle pourrait bien saper la portée de primes accordées aux entreprises qui relocalisent leur production en France. « N'est-ce pas, au fond, du protectionnisme ? », s'interroge d'abord Thomas Le Paul, directeur général de Smoby. Et quid du contrôle pour l'application de ces mesures ? « Franchement, c'est irréalisable ! Comment séparer le bon grain de l'ivraie ? », s'interroge Edmond Kassapian, chez Geneviève Lethu. Nombre d'entreprises font fabriquer en Asie et assemblent leurs produits en France. Celles-là seront-elles éligibles ?Juliette garnier avec, en normandie, Claire Garnie

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