Paris veut se doter d'une stratégie spatiale à long terme

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Le report de 24 heures du 200e vol d'Ariane, prévu mardi au départ de Kourou, n'y change rien. La ministre de la Recherche en charge de l'espace, Valérie Pécresse, venue assister au lancement, en a profité pour confirmer les ambitions fortes de la France en matière spatiale, devenue aujourd'hui incontournable dans la vie quotidienne des citoyens : météo, communication, télévision, Internet et surveillance. Mais les ambitions agressives allemandes dans l'espace, consignées fin 2010 dans un Livre blanc, ont inquiété à Paris.Du coup, Valérie Pécresse, qui souhaitait réagir, a annoncé la prochaine rédaction d'un Livre blanc, qui ne dit pas son nom. Outre la récente signature du nouveau contrat État-Cnes (Centre national d'études spatiales ) 2011-2015, elle veut doter Paris d'une stratégie spatiale à long terme. « Mon ministère lancera très prochainement la rédaction d'un document stratégique national », a-t-elle promis. Sur le même modèle que ce qui a été réalisé dans la recherche, il s'agit de coordonner les efforts interministériels, du civil, du militaire et des industriels spécialisés. « Cette ambition pour l'espace, la France souhaite la partager avec ses partenaires européens et internationaux », a prévenu Valérie Pécresse, qui compte placer cette dimension au coeur de la feuille de route qui sera définie par ce document. Celui-ci « tiendra compte de l'émergence de l'Union européenne comme acteur majeur de la politique spatiale ». Une différence avec l'Allemagne, qui mise plutôt sur l'Agence spatiale européenne (ESA).Un budget à l'abri des coupesDans ce contexte, l'importance des enjeux explique que le budget spatial de la France résiste aux coupes budgétaires. « Au-delà de l'augmentation du budget du Cnes, cheville ouvrière de la politique spatiale, et de sa contribution à l'ESA, la France vient de décider d'investir 500 millions d'euros supplémentaires, au sein du programme d'investissements d'avenir. La moitié de cette somme sera consacrée au développement du lanceur de nouvelle génération qui succèdera à Ariane 5, et l'autre moitié à des programmes satellitaires innovants », a confirmé la ministre. Cet effort est nécessaire, car « la compétition internationale est rude », constate le président du Cnes, Yannick d'Escatha. Il rappelle que le budget spatial américain est six fois supérieur à celui de l'Europe.Pour rester dans la course, la France et l'Europe disposent d'une carte maîtresse, la base de Kourou, en Guyane. Cette dernière est idéalement placée près de l'Équateur, face à l'océan Atlantique, ce qui en fait un lieu idéal de lancement. À compter de 2011, la base accueillera, près du pas de tir d'Ariane 5, les lanceurs russe Soyouz et italien Vega. Cette diversité de l'offre permettra de répondre à tous types de lancements, du petit satellite au cargo de l'espace ATV de 20 tonnes. Le carnet de commandes d'Arianespace est toujours aussi rempli : 4,5 milliards d'euros malgré l'augmentation du nombre de lancement de 5 à 6 par an, à 12 en 2011.Seule ombre au tableau, chaque lancement d'Arianespace fait l'objet d'une subvention d'une dizaine de millions. La ministre veut sécuriser ce programme sur 2012. En échange, elle demande un audit des procédures dans le but de détecter des sources d'économies.

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