Les équipementiers auto en colère contre Bruxelles

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Les coups de gueule ne sont pas dans la tradition bruxelloise. Pourtant, les équipementiers automobiles, réunis ce soir et demain à Bruxelles, auraient de quoi manifester leur dépit à l'égard du commissaire à l'Industrie, Günther Verheugen. Face à l'effondrement du marché automobile fin 2008, Bruxelles s'est contenté jusqu'à présent de mobiliser la Banque européenne d'investissement (BEI) en gonflant les enveloppes de crédit disponibles. Mais « il y a eu un déséquilibre flagrant dans la distribution des fonds entre constructeurs et équipementiers », explique Wolfgang Lange, porte-parole du Clepa, l'association qui représente les 5.000 fournisseurs automobiles européens.Selon le Clepa, 200 entreprises avaient déjà fait faillite en juillet et 750 connaissaient de graves problèmes de financement. Si rien n'était fait, le nombre de faillites culminerait à 500 à la fin de l'année et près d'une entreprise sur trois serait en difficulté, estime l'association. Or, le dossier des équipementiers patine depuis plusieurs mois.nouveaux dispositifsEn juillet, le Clepa avait cru marquer un point avec un projet de fonds européen d'affacturage qui aurait permis aux équipementiers de reconstituer leur trésorerie. L'idée était de lever 2 à 3 milliards auprès de banques commerciales et d'en emprunter 2 à 3 fois plus grâce à une garantie de la BEI. Le fonds aurait refinancé immédiatement les créances sur les constructeurs normalement payées entre 30 et 120 jours. La Commission était intéressée. Le 22 juillet, son directeur général de l'industrie, Heinz Zourek, écrit aux vingt-sept ministres européens de l'industrie pour leur proposer de réfléchir à « une action européenne pour résoudre le problème de liquidit頻 des industriels. Sans succès. Lors d'une réunion d'experts qui s'est tenue à Bruxelles mi-octobre, les représentants de la France et de l'Allemagne ont fait part de leur hostilité à une nouvelle initiative européenne. Le projet ne passera finalement pas la barrière politique du collège et ne sera pas repris par Günther Verheugen.« La Commission sortante n'a plus de capacité de prendre d'initiative », commente une source européenne. Quand José Manuel Barroso entamera son second mandat en janvier à la tête d'une nouvelle équipe, le tableau pourrait s'être encore assombri, d'autant que l'on commence à sortir des dispositifs de prime à la casse. « Beaucoup de faillites auront lieu au moment où le marché repartira », avertit Wolfgang Lange. Plusieurs constructeurs s'inquiètent des risques de rupture dans la chaîne de production suite aux défaillances de leurs fournisseurs. nInfographie3cols x 102mm

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