Besson cherche à crédibiliser le débat sur l'identité nationale

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Un dérapage de plus, deux jours seulement après « l'attentat médiatique » perpétré par le socialiste Vincent Peillon à l'émission « À vous de juger », sur France 2. En parlant vendredi de « milliers de musulmans déferlant sur la Canebière » pour évoquer les manifestations de joie des supporters algériens de football, le maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, n'a pas facilité la tâche d'Éric Besson.Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, qui sacrifiait lundi a la traditionnelle cérémonie des v?ux à la presse, a implicitement confirmé que Nicolas Sarkozy et le gouvernement cherchaient à sortir par le haut du débat lancé le 2 novembre 2009. Même s'ils demeurent attachés à son principe même.« Le grand débat sur l'identité nationale se poursuivra tout au long de l'année 2010, afin de mieux faire partager le pacte républicain », a affirmé Éric Besson. Il a confirmé que Nicolas Sarkozy interviendrait sur la question vers la mi-février, après la tenue, autour de François Fillon, d'un séminaire gouvernemental où seront débattues « les premières propositions visant à valoriser et promouvoir l'identité nationale ».Le chef de l'État sera auparavant l'invité d'une soirée spéciale le 25 janvier sur TF1. Il pourrait s'exprimer sur ce débat, d'autant plus controversé qu'il a été traversé par des polémiques sur l'islam. La dernière en date, sur la burqa, fait naître de nouvelles lignes de fracture tant dans les rangs de la droite que dans ceux de la gauche.Propositions consensuellesLe ministre de l'Immigration essaie de faire valoir des propositions qu'il juge plus consensuelles, comme l'idée d'une charte des droits et des devoirs, « une sorte de contrat commun » établissant « des principes à la fois moraux et politiques qui constituerait un ensemble de règles et de droits ». « Tout jeune Français, au moment où il bascule dans sa majorité à 18 ans et va recevoir sa carte d'électeur, pourrait se voir proposer de signer un serment, une charte, quelque chose qui l'attache à la République », a-t-il expliqué.Éric Besson a aussi voulu répondre à la gauche, qui rejette ce débat et le lien fait entre immigration et identité nationale, notamment en raison de l'intitulé même du ministère qu'il dirige. L'opposition juge aussi le calendrier du débat purement électoraliste puisque la première phase s'achèvera un mois avant les régionales, scrutin où le Front national pourrait empêcher l'UMP de conquérir des collectivités territoriales détenues par la gauche depuis 2004. « Absurde », riposte le ministre de l'Immigration, qui souligne qu'il n'y a pas d'année « blanche » électoralement, puisque, depuis 2007, ont eu lieu les municipales en 2008, les européennes en 2009, avant les cantonales en 2011, et l'élection présidentielle, prévue pour 2012.Lundi, on a appris que l'appel à la suppression du ministère d'Éric Besson, lancé le 4 décembre par vingt chercheurs, avait recueilli plus de 34.000 signatures et que les partis de gauche, les Verts et le Modem s'étaient engagés à supprimer le portefeuille de l'identité nationale, créé par Nicolas Sarkozy en 2007, s'ils remportaient les élections. Éric Besson assure, lui, que le débat se poursuivra jusqu'à la prochaine présidentielle.

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