La contradiction des investisseurs français : du rendement, oui, du risque, non !

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Grincheux, les investisseurs individuels français ? Oui. Ils sont 7% seulement à se déclarer très satisfaits des performances de leurs placements, soit le niveau le plus faible au monde après Taïwan (6%), selon une enquête réalisée par la société de gestion américaine Legg Mason. La proportion d\'investisseurs heureux est deux fois plus élevée en Allemagne (15%), et elle se monte à 22% Outre-Manche et à 18% aux Etats-Unis. Et pourtant ! Avec un rendement de leur portefeuille inférieur de 260 points de base à leurs espérances, en moyenne, les investisseurs particuliers américains auraient quelques raisons de se plaindre. Alors que les investisseurs français tirent mieux leur épingle du jeu, en définitive, l\'écart entre leurs espoirs de rendement et la réalité des chiffres n\'étant « que » de 190 points de base. Leurs homologues allemands et britanniques sont à peine mieux lotis, avec un écart de -150 points de base, mais ils s\'en contentent plus facilement.Les Français sont les investisseurs les plus frileux au mondeNon seulement les investisseurs français ne sont pas contents de la rentabilité de leurs placements, mais, surtout, ils ne font rien pour l\'améliorer ! En effet, pour espérer du rendement, il faut faire preuve d\'un peu d\'audace. Or, moins de 30% des Français sont disposés à prendre davantage de risques. Ce qui fait d\'eux les investisseurs particuliers les plus frileux au monde. Même en Espagne et en Italie, des pays en grande difficulté, les investisseurs particuliers sont plus téméraires, 41% des Espagnols et 47% des Italiens se disant prêts à pimenter leurs placements d\'une dose supplémentaire de risque. Des chiffres qui grimpent à plus de 50% aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et à 77% en Chine.La part belle à l\'immobilier et au monétaireAutre preuve du profil très « bon père de famille » des investisseurs français, le poids des actions dans leurs portefeuilles se limite à 18%. Soit le niveau le plus bas de tous les pays européens étudiés par Legg Mason. Au Royaume-Uni, par exemple, les portefeuilles des investisseurs sont constitués d\'actions à hauteur de 27%. Aux Etats-Unis, le chiffre est de... 39%. C\'est que les Français, eux, privilégient des valeurs sûres comme l\'immobilier. Ou le monétaire, qui ne rapporte plus rien, mais a l\'avantage, du point de vue français, de présenter un risque très faible.La réticence à la diversification géographique Dans la même veine, il n\'est pas question, pour les investisseurs particuliers français, de se risquer hors de leurs frontières. Ils sont 20% seulement à envisager sérieusement d\'investir à l\'étranger, alors même que les perspectives économiques de la France et de la zone euro sont des plus sombres. Plus réalistes, 40% des investisseurs espagnols et 55% des italiens sont prêts à accroître la diversification géographique de leurs portefeuilles. Les Français, eux, se retranchent derrière l\'argument d\'une « transparence financière insuffisante » dans certains pays, dont ils se jugent « trop peu familiers pour en tirer des opportunités. » Bref, les deux tiers des investisseurs particuliers français invoquent, encore et toujours, « un risque excessif. »  

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