Angela et les spéculateurs

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Une chose est de crier haro sur la spéculation. Une autre est de se faire comprendre des marchés. Évidemment applaudie par l'honnête citoyen, la décision d'Angela Merkel de défendre, en solo, la place de Francfort contre les agioteurs en a malheureusement réveillé un certain nombre. Passons sur le fait que les valeurs financières allemandes figurent parmi les moins attaquées d'Europe ces derniers mois ; oublions que la dette du pays fait office de valeur refuge plutôt que de repoussoir depuis le début de la crise grecque ; faisons mine d'ignorer que ces mesures auront un impact limité compte tenu de la grande mobilité des capitaux. Reste la force de l'exemple. Dans ce domaine, l'Allemagne, pilier de la construction européenne, a un grand rôle à jouer. Mais la conception qu'en a l'inflexible Angela ne laisse pas de surprendre ses partenaires. Faites comme nous, c'est le seul moyen de sauver notre monnaie, martèle la chancelière à l'envi. Peu visionnaire pour ses propres banques au moment de la crise des subprimes, a-t-elle bien compris que les marchés s'inquiètent aujourd'hui des risques d'éclatement de la zone euro ? Qu'ils réclament une Europe unie dans l'adversité ? Et que des initiatives isolées de ses membres ne peuvent qu'alimenter leurs craintes et leur confusion ? Face à la spéculation, l'Europe n'est pas passive. Elle tente, au rythme de ses 27 membres, de se coordonner pour mettre le holà aux pratiques les plus condamnables. Mme Merkel veut aller plus vite, au risque d'abandonner les principes de l'Union au bord du chemin. « L'euro est en danger », a-t-elle dramatisé hier devant le Bundestag. À qui la faute ? mmotte@latribune.fr muriel Motte

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