Depuis plus d'un mois, l'indice des cours du frêt est à la dérive

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Faut-il avoir peur du Baltic Dry Index (BDI) ? Souvent perçu comme un pré-indicateur économique, cet indice qui mesure les prix du transport maritime en vrac (minerais, charbon, métaux, céréales) signale un inquiétant recul du trafic de matières sèches. Déterminé par la pondération des échanges sur 24 routes maritimes reliant les pays producteurs (Brésil, Afrique du Sud, Australie) aux pays importateurs (Europe, Extrême Orient), le BDI vient d'enchaîner trente-cinq séances consécutives de baisse pour chuter à 1.720 points jeudi dernier. Un épisode d'une durée inédite depuis... 2001. Résultat : la location d'un vraquier Capesize (la plus grande taille) coûte aujourd'hui 14.500 dollars la journée contre un peu moins de 56.000 dollars avant la crise. Certains y voient le signe prémonitoire d'un scénario en W (une rechute dans la récession), d'autres la simple conséquence des erreurs commises en 2008, lorsque le monde péchait par excès d'optimisme. Mais ce trou d'air est d'abord attribué au ralentissement du commerce chinois, premier consommateur mondial de matières sèches. Ses importations de charbon et de minerais de fer ont reculé respectivement de 8 % et 9 % en juin. La mainmise chinoise sur les prix est d'autant plus importante que le pays est aussi producteur. Hervé Franc, responsable affrètement au CETRAGPA Louis Dreyfus Armement, souligne que la Chine arbitre « entre sa production domestique et ses importations suivant les prix du marché international ». In fine, les fabricants de navires ont vu trop gros à la veille d'une des plus graves crises financières de l'histoire. « La croissance de la flotte est trop importante par rapport à la demande» constate Hervé Franc. Début 2008, alors que l'activité battait son plein, les commandes de vraquiers se sont multipliées, ce qui au vu des délais de fabrication a provoqué un bond de 23 % de la flotte au premier semestre 2010. A cela s'ajoutent des contraintes climatiques, qui tous les ans font chuter le BDI en milieu d'année : la mousson en Inde et la fin de la saison des grains en Amérique du Sud. Reste un espoir de rebond. Comme le soulignait récemment Frédéric Lasserre, responsable des matières premières à la Société Généralecute; Générale, la Chine a engagé des projets dans le ferroviaire et les autoroutes très consommateurs de matières premières.

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