Ingenico repousse les avances de l'américain Danaher

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C'est non. Comme « La Tribune » l'a révélé dimanche sur son site Internet latribune.fr, Ingenico a annoncé qu'il ne donnait pas suite à l'offre d'achat lancée très vraisemblablement par l'américain Danaher dont le nom n'a toutefois pas été révélé officiellement. En conséquence, le groupe français demande à l'AMF, l'Autorité des marchés financiers, la reprise de sa cotation dès ce lundi.Vendredi, le numéro deux mondial des terminaux de paiement derrière le tandem VeriFone-Hypercom, avait indiqué avoir reçu une offre non engageante, d'un montant de 28 euros par action, soit 1,4 milliard d'euros pour la totalité du capital, payable entièrement en cash. Le groupe était demeuré muet sur l'identité de son prétendant, au motif que cette offre d'achat était assortie « de toute une série de conditions », qui faisaient que les discussions pouvaient « aboutir ou non », expliquait alors un porte-parole d'Ingenico. Depuis plusieurs semaines, une rumeur circulait, selon laquelle l'éditeur britannique de logiciels Sage aurait les yeux de Chimène pour Ingenico. Il se murmurait également que le site de commerce en ligne eBay était aussi intéressé. Mais c'est en réalité le conglomérat américain Danaher qui était l'auteur de l'offre. Basé à Washington, ce groupe industriel oeuvre aussi bien dans le matériel radiographique que dans les purificateurs d'eau et les jets d'encre pour imprimantes. Fort d'un chiffre d'affaires de 11,2 milliards de dollars en 2009, pour une marge opérationnelle de 13,8 % et une dette limitée à 25 % des fonds propres, Danaher a réalisé 13 acquisitions depuis janvier.Un prix insuffisantUn rachat d'Ingenico faisait d'autant plus sens que les deux groupes se connaissent bien. En 2006, Gilbarco Veeder-Root, filiale de Danaher, avait signé un partenariat avec Ingenico, permettant aux deux sociétés de fournir des solutions de paiement sécurisées aux stations-service du monde entier.Le conseil d'administration d'Ingenico, qui s'est réuni ce dimanche, aurait toutefois tiqué sur le prix proposé, supérieur de quelques centimes seulement au cours de l'action jeudi soir, soit 27,59 euros. Il aurait également jugé qu'un rachat par Danaher ne correspondait pas aux perspectives de développement du groupe français, engagé dans une diversification de ses activités, avec pour objectif de porter la part des services, telle la sécurisation des transactions, de 28% à 40 % de son chiffre d'affaires à l'horizon 2013.Pour 2013, Philippe Lazare, directeur général d'Ingenico, vise un chiffre d'affaires supérieur à un milliard d'euros. Pour 2010, l'activité devrait osciller entre 805 et 815 millions d'euros, selon le dirigeant, qui avait rehaussé son objectif de chiffre d'affaires annuel en juillet. Le marché apprécie. L'action s'envole de 70 % depuis janvier, contre 1,5 % pour l'indice SBF 120. De quoi combler l'équipementier aéronautique Safran, détenteur de 22,5 % du capital.

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