Parfum de guerre économique entre l'Italie et Saint-Marin

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Enclavée au centre de l'Italie, entre la région des Marches et l'Emilie-Romagne, Saint-Marin est aujourd'hui victime d'un embargo commercial. C'est en tout cas le sentiment des responsables politiques de la petite République de 30.000 habitants qui sont venus exprimer leur vive inquiétude, la semaine dernière, à Rome sous les fenêtres du Parlement italien. Accusé par le gouvernement de Silvio Berlusconi d'être un paradis fiscal, le petit État est en ligne de mire du ministre de l'Économie transalpin Giulio Tremonti qui, après avoir mené une guerre psychologique à l'encontre de la Suisse, a mis Saint-Marin sur sa liste noire. « Pour nous, les effets sont encore plus durs que pour la Confédération helvétique », explique à « la Tribune » la secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Saint-Marin Valentina Mularoni, « car toutes nos frontières sont communes avec l'Italie ». Concrètement, le gouvernement Berlusconi a adopté une mesure qui dissuade les entreprises italiennes de commercer avec la République. La transparence mise en avant Le décret leur impose de signaler au fisc la moindre opération commerciale. « Cela entraîne d'énormes complications administratives » indique le ministre de l'Industrie Marco Arzilli qui ajoute que « le ministre Tremonti a promis à la moindre erreur de mettre les agents de la brigade financière aux trousses des sociétés ». De quoi décourager tout éventuel investisseur. A Saint-Marin, on reconnaît que 5 milliards d'euros ont été rapatriés depuis les banques de la République par des contribuables italiens qui ont profité du récent « bouclier fiscal » permettant de ramener les capitaux placés illégalement à l'étranger moyennant une pénalité de 5 %. Mais on met en avant que, depuis quelques mois, le petit État a radicalement modifié sa politique, optant pour la transparence. « Nous avons changé nos règles en profondeur », insiste Marco Arzilli. Mais le gouvernement Berlusconi a fermé la porte à toute négociation. « C'est incompréhensible » souligne Valentina Mularoni, jugeant que « par cette position intransigeante, Rome veut médiatiquement montrer les muscles alors que des sacrifices économiques sont demandés aux Italiens. Et d'ajouter : « Si quelqu'un pense remettre en cause l'existence de Saint-Marin, qu'il sache que nous préférerons revenir à une économie agricole plutôt que d'abandonner notre indépendance qui remonte à 1.700 ans. »Robert Lavéran, à Rome

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