Les assurés allemands vont devoir mettre la main à la poche

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Selon le baromètre Cercle santé-Europ Assistance, les Allemands sont ceux qui craignent le plus une augmentation de leur participation personnelle au financement des dépenses de santé. Ils ont de bonnes raisons de s'inquiéter. Dimanche soir, le ministre fédéral de la santé, le libéral Philipp Rösler, a prévenu que « compte tenu de l'évolution démographique et du progrès technique, le système de santé allemand ne pourra pas être à l'avenir moins cher ». Un besoin considérableUne litote qui ne fait guère illusion outre-Rhin, car le ministre présentera ce mercredi en conseil des ministres un plan de réforme douloureux pour les assurés. Pour le gouvernement d'Angela Merkel, il s'agit de réduire le déficit des caisses de l'assurance maladie obligatoire. Le besoin de financement est considérable : pour l'instant, l'Etat fédéral prévoit d'injecter en 2010 15,7 milliards d'euros dans le système et presque autant l'an prochain. Premier acte de cette réforme : le détricotage de la précédente qui avait abaissé la cotisation payée pour moitié par les salariés et par les employeurs de 0,6 point, à 14,9 % du salaire brut. L'an prochain, elle reviendra à 15,5 %, ce qui permettra de récupérer au moins 6 milliards d'euros. Mais Philipp Rösler qui, avant d'être ministre de la Santé, se gaussait volontiers des « réformes du siècle que l'on fait tous les trois ans », a voulu aller plus loin. Pour assurer un financement plus solide sans toucher à la compétitivité des entreprises, il va permettre aux caisses de prélever une cotisation supplémentaire, indépendante du revenu, sur les seuls salariés. Les caisses devront alors se passer de l'aide publique. Philipp Rösler espère ainsi découpler définitivement coût du travail et coût du système de santé et minorer l'effet de cette cotisation supplémentaire par une concurrence accrue entre les caisses. Il a prévu également un soutien de 2 milliards d'euros pour les plus fragiles. Son but est qu'aucun assuré ne subisse une hausse de plus de 2 points de ses cotisations. La facture sera cependant salée pour les salariés, et l'opposition de gauche estime que ce sont bien les plus pauvres qui seront les plus affectés par cette réforme. D'autant que le ministre semble avoir reculé sur certains points de son plan d'économies dans les dépenses, notamment concernant le prix des médicaments. Romaric Godin, à Francfort

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