Tensions entre la SNCF et la Deutsche Bahn

Le torchon brûle de plus en plus entre la SNCF et son homologue allemand, la Deutsche Bahn. Dernier épisode d'une longue série de couacs : les deux compagnies ferroviaires ont décidé de défaire leurs participations croisées dans le fret. Selon le « Financial Times Deutschland », la filiale logistique de la Deutsche Bahn, Schenker, a racheté à la SNCF 20 % du transporteur ferroviaire espagnol Transfesa, dont elle possédait déjà 55 %. En échange, la SNCF a obtenu de Schenker une part de 10 % du français STVA, dans lequel elle est déjà majoritaire. Chacune des deux parts a été valorisée à 24 millions d'euros, selon le quotidien allemand. Dans un contexte très tendu, les intéressés se sont réfusés à tout commentaire. Pour mémoire, la DB est devenue, fin 2007, un concurrent direct de la SNCF sur son marché domestique du fret, avec le rachat du britannique EWS, maison mère du spécialiste du fret ferroviaire français Euro Cargo Rail. Forte personnalit髠Il y a une véritable escalade » dans la dégradation des relations entre les deux géants européen du ferroviaire, souffle un observateur. La personnalité du nouveau PDG de la DB, Rüdiger Grube, n'y est peut être pas pour rien. Nommé à ce poste en mai 2009, l'ancien dirigeant d'EADS ne mâche pas ses mots et met beaucoup moins de rondeurs que son prédécesseur, Hartmut Mehdorn. Dans une récente interview à l'hebdomadaire Ville Rail et Transports, il a demandé avec véhémence une plus grande ouverture du marché français. « Bien sûr, je vais continuer à me battre pour croître à l'intérieur de l'Allemagne, mais je sais qu'à l'avenir, la croissance de mon entreprise viendra surtout de ce que nous ferons sur les autres marchés » indiquait-il aussi clairement. Si les tensions ne datent pas d'hier, elles s'exacerbent, dans un environnement de plus en plus concurrentiel. « Mon petit doigt me dit que nos collègues allemands de la Deutsche Bahn vont faire un service concurrent de Thalys en 2012 » déclarait récemment Guillaume Pepy, le président de la SNCF. En ajoutant : « que le meilleur gagne ». « Les Allemands sont venus à reculons dans Thalys (Ndlr : ils détiennent 10 % de cette société) », rappelle-t-on. L'axe franco-allemand dans le ferroviaire ne semble pas pour demain. Ingrid Seithume

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