Les deux repreneurs du « Monde » rivalisent de promesses

Après Claude Perdriel la veille, Pierre Bergé et Xavier Niel ont présenté leur offre mardi aux salariés des Publications de la Vie Catholique (« Télérama »...), en l'absence de Matthieu Pigasse, représenté par son bras droit Louis Dreyfus. Pierre Bergé n'a pas caché ses opinions politiques : « Je ne suis pas mendésiste mais mitterrandien. J'ai soutenu Royal et Peillon, et je les soutiendrai encore. » Toutefois, il a assuré que le quotidien du soir ne devait pas être militant, mais « objectif à l'anglo-saxonne ». Il a promis de ne pas passer aucun coup de fil pour intervenir dans l'éditorial. Surtout, Pierre Bergé et Xavier Niel ont pris le contre-pied de l'offre rivale sur moult points. Ils ont promis de ne pas mettre en oeuvre de plan de départs, même volontaires, alors que Claude Perdriel avait la veille évoqué 100 départs volontaires. Ils veulent limiter la clause de cession aux journalistes, et même « compenser ses effets », alors que Claude Perdriel veut l'ouvrir à tout le personnel. Ils jugent que des mesures d'économies ne sont pas nécessaires dans les magazines comme « Télérama » ou « Courrier International » qui sont bénéficiaires. En face, Claude Perdriel « compte améliorer de près de 30 millions d'euros en trois ans le résultat d'exploitation, moitié par les recettes, moitié par les charges ». En outre, Pierre Bergé a promis de ne pas vendre de manière couplée la publicité entre les différents titres du groupe, comme le souhaite leur rival. « ?L'Obs? siphonnera vos résultats et vos abonnés », a redit Pierre Bergé. Enfin, « nous n'avons personne à placer », a-t-il assuré. Son offre prévoit en effet que le directeur du journal sera « un journaliste nommé par le conseil de surveillance, après agrément de l'assemblée générale de la Société des Rédacteurs du Monde [SRM], à la majorité de 60 % des votants ». En face, Claude Perdriel propose de dissocier les postes de président du directoire et de directeur du quotidien, que cumule Eric Fottorino. Le premier sera nommé par le conseil de surveillance à la majorité simple, mais « ne pourra intervenir » dans l'éditorial. Le second sera nommé par le président du directoire, sur proposition du conseil de surveillance, avec un « droit de veto » de la SRM. La veille, Claude Perdriel avait critiqué la direction en place, notamment les cessions effectuées, et répété qu'Eric Fottorino aurait dû se rendre à l'Elysée accompagné de sa directrice de la rédaction Sylvie Kauffmann. Par ailleurs, selon « Le Point », Prisa aurait déjà racheté les 17 % détenus par Lagardèrerave;re pour 7 millions d'euros, portant ainsi sa participation de 15 % à 32 %. En y ajoutant les 2 % déjà détenus par Claude Perdriel, le duo pourrait ainsi détenir 34 %, soit la minorité de blocage, et la possibilité de s'opposer à l'offre rivale. Interrogé, Lagardèrerave;re dément avoir déjà conclu cette cession. « De toutes façons, une telle cession doit recevoir l'aval des actionnaires internes », précise-t-on au Monde. Le texte de l'offre Perdriel-Prisa, publiée par Mediapart, indique bien qu'un accord de principe existe déjà entre l'éditeur espagnol et son homologue français : « Prisa est convenu avec Lagardèrerave;re de lui garantir une liquidité sur sa participation dans Le Monde », indique le texte. Une clause suspensive de l'offre prévoit que la cession des parts de Lagardèrerave;re à Prisa dans Le Monde SA doit effectivement être approuvée par Le Monde Partenaire et associés dont les actionnaires internes (la SRM, les société de personnels, etc.) ont le contrôle. Jamal He

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