Pour décourager les vols d'électricité, une compagnie pakistanaise invoque la charia

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Voler de l\'électricité est-il un péché ? C\'est en tout cas ce que veut faire croire la compagnie pakistanaise d\'électricité de Peshawar (PESCO) à ses clients. En plein ramadan, l\'entreprise a décidé de publier des encarts publicitaires dans les journaux locaux pour inciter ses abonnés à payer leurs factures. \"Jeûnez, payez la zakat (aumône, ndlr), aidez vos parents, mais faites tout cela grâce à la lumière de l\'électricité légale... Les imams ont décrété que faire de bonnes actions avec la lumière de l\'électricité volée était contraire à la charia\", certifie l\'entreprise.\"Il ne s\'agit pas de vol, mais d\'un droit\"Ce pays d\'Asie centrale de 180 millions d\'habitants est actuellement confronté à la pire crise énergétique de son histoire. Citadins et villageois n\'hésitent plus à pirater les compteurs et à soudoyer les agents des fournisseurs pour rabaisser leur consommation officielle. \"A Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad, de nombreuses familles versent 1.000 roupies par mois (10 dollars) aux salariés chargés de lire les compteurs électriques pour que leur facture ne dépasse jamais dix dollars\", explique Aftab Ahmed, un citoyen de la ville à l\'AFP. \"Il ne s\'agit pas de vol, mais d\'un droit\", critique, de son côté, Khan Ali, un habitant de la zone tribale de Mohmand interviewé par l\'agence.Des coupures qui peuvent durer 20 heures par jour Le Premier ministre Nawaz Sharif, élu en mai dernier, a fait de la lutte contre la crise énergétique sa priorité. Miné par des années de sous-financement de son secteur énergétique et par la corruption, le Pakistan importe à grand prix du fioul des pays du Golfe afin d\'alimenter ses centrales thermiques. Il  ne parvient toujours pas à répondre aux besoins en électricité de sa population, qui augmente d\'année en année. Dans les villages les plus reculés, les coupures peuvent durer près de 20 heures par jour durant les mois d\'été quasi-caniculaires. Résultat : la crise énergétique rabaisse d\'au moins deux points le PIB du pays. Les usines doivent régulièrement stopper leur production pour attendre le retour du courant, ou générer elles-mêmes de l\'électricité pour faire fonctionner leurs machines.

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