La hausse du chômage en Russie entraîne des manifestations anti-Poutine

Les officiels russes haussent les épaules à l'évocation d'une possible « seconde vague » de la crise financière. En revanche, ils doivent prendre au sérieux le risque d'une seconde vague de mouvements sociaux après les récentes manifestations antigouvernementales. Dimanche, dans la ville d'Arkhangelsk (nord de la Russie) une manifestation a réuni environ 4.000 personnes. Fin janvier, c'est dans l'enclave occidentale de Kaliningrad qu'a eu lieu le rassemblement le plus important et le plus radical avec de 10.000 à 12.000 participants. Du jamais-vu depuis près de quinze ans ! Le phénomène est d'autant plus préoccupant pour le Kremlin que cette mobilisation n'est en rien le fruit d'un réveil de l'opposition. Ni les syndicats, trop proches du pouvoir pour avoir la confiance des Russes, ni les partis politiques d'opposition, perpétuellement hors circuit, n'ont de prise sur les événements car ils ne disposent d'aucun relais dans les médias. Néanmoins, les manifestations prennent un tour éminemment politique puisque les manifestants dans un cas comme dans l'autre brandissaient des pancartes attaquant Poutine et scandaient des slogans réclamant sa démission.économie contractée de 9 %Les motifs de mécontentement sont d'abord liés à la dégradation de la situation économique. Même si les indicateurs macroéconomiques s'améliorent après la brutale contraction de 9 % de l'économie russe en 2009, sur le versant socio-économique, l'amélioration est loin d'être perçue par tous. Principale préoccupation des Russes : la montée du chômage, qui a bondi de 7,5 % en décembre à 9,2 % en janvier. Le 11 février, le président Medvedev a prévenu que le « principal problème de l'année 2010 sera le chômage, qui peut croître même en période de croissance économique ». Un autre problème majeur est celui des arriérés de salaire. Leur volume a augmenté de 15,5 % en janvier, pour atteindre 136 millions de dollars, selon les statistiques officielles. Les sociétés russes n'ont rien à craindre des syndicats et les salariés en sont pour leur frais. Mais la patience légendaire des Russes a des limites, et de nombreux experts prédisent un printemps social chaud. Même si les chaînes télévisées et les radios d'information, toutes plus ou moins directement sous le contrôle du Kremlin, passent sous silence ces événements ? préférant ironiser sur les incessantes grèves et mouvement sociaux paralysant la France ?, dans les faits, les Russes se montrent moins dociles qu'il n'y paraît. Selon le Centre pour les droits sociaux des travailleurs, l'année 2009 a déjà connu une explosion du nombre des actions de protestation (272 contre 93 en 2008).Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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