Renoir au c?ur de l'intime
La Tribune
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La peinture comme une caresse, pleine d'émois et de tendresse. Ainsi découvre-t-on Pierre-Auguste Renoir à travers une centaine de tableaux tardifs présentés au Grand Palais. Un peintre qui regarde la vie, les gens, avec amour, ébloui, toujours, par ce qu'il devine en eux et qu'il nous offre. Un peintre des sentiments simples et vrais pour lequel la volupté et le désir passent avant l'érotisme.Surprenant Renoir. On le voulait un peu mièvre, d'une douceur angélique dans son propos. Là, tout le contraire. La vie dans ce qu'elle a de plus beau à donner. Un peintre du quotidien qui regarde autour de lui, s'émerveille de sa famille, de ses amis, de la beauté des femmes. C'est ainsi qu'il se présente dans ses dernières années, à travers portraits et nus. Impressionniste ? Il le fut un temps, mais ça ne l'intéressait guère. Il préfère suivre son propre chemin, avec sa grande passion pour Raphaël, son hédonisme dans lequel l'amour fait des gammes à travers le corps de la femme.Dans cette exposition, c'est Picasso qui ouvre le bal. Oui, Picasso, avec sa « Danse villageoise » qui valse en compagnie des « Danses à la ville et à la campagne » de Renoir. Picasso, qui l'a beaucoup collectionné et que l'on retrouve comme une ponctuation contemporaine, tout au long de l'exposition. « L'Arlequin au miroir », répond au « Pierrot blanc », la « Grande Baigneuse » du Catalan semble rêver à la « Baigneuse assise », à côté d'elle.Mais revenons à la famille, qui est l'un des paysages familiers de Renoir, si l'on peut dire. Il y a Jean (le futur cinéaste), enfant, dessinant ou en habit de chasseur. Gabrielle, la nourrice (et modèle du peintre). Claude, l'autre enfant. La peinture est presque un voile, diaphane, qui laisserait découvrir des couleurs tendres, comme à naître. Ailleurs, qu'il peigne Vuillard ou le marchand Durand-Ruel, c'est l'homme qu'il fait découvrir, dans son intimité. Et lorsque l'on arrive aux nus, on voit que Renoir s'est laissé taquiner par Titien et Ingres.Pas d'académisme. Plutôt un hommage à la peinture classique, à la tradition, où la couleur vibre comme la mémoire, comme le souvenir d'un corps de femme. La chair appelle le toucher, elle capte le regard. la couleur exploseRenoir conjugue l'amour et l'éternité, le désir et le plaisir, l'émoi et l'abandon. Comme s'il s'était laissé emporter par ses sentiments, la couleur explose dans un éclat presque aveuglant. Renoir rappelle que la beauté ne peut être qu'excessive. C'est pour cela qu'elle provoque toujours. n Galeries nationales du Grand Palais. Tél. : 01.44.13.17.17. Catalogue. : Ed. RMN, 49 euros.expositio
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