Une crise en Europe plutôt que le désespoir agricole

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Reconquérir un électorat rural, qu'il a heurté par ses déclarations depuis trois ans et qui subit une des crises les plus graves de son histoire. Nicolas Sarkozy a étudié à la loupe les résultats des régionales dans les zones agricoles. De l'Ouest jusqu'au Midi, les élus de l'UMP ont fait remonter du « terrain » la colère et le désarroi d'une profession, qui a vu ses revenus dégringoler de 34 % en 2009, après une année 2008 déjà difficile (? 20 %). « Je le dis clairement. Je suis prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d'accepter le démantèlement de la politique agricole commune (PAC) et de laisser la spéculation fixer de façon erratique des prix agricoles qui ne permettraient pas à nos agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail », a dit le chef de l'Etat à l'issue du Conseil des ministres. « Je ne laisserai pas mourir notre agriculture alors que la question de l'autosuffisance et de la sécurité alimentaire est devenue cruciale, et que tant de femmes, d'hommes et d'enfants meurent de faim dans le monde. »Nicolas Sarkozy a évoqué « l'angoisse » des « campagnes » françaises, suscitant la satisfaction de Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le premier syndicat agricole français. « Enfin ! Le président entend enfin la crise agricole. Il entend enfin la détresse du monde paysan, qui s'est fortement mobilisé à l'automne contre cette politique ultralibérale qui ne fait que broyer les agriculteurs », a-t-il déclaré à l'AFP. Pour le président de la FNSEA, Nicolas Sarkozy « doit prendre toutes ses responsabilités » lors des négociations sur la PAC pour la période 2013-2020, qui commencent cette année. Alors que la PAC doit encore absorber cette année 45 % des 123 milliards d'euros de budget de l'UE, 22 pays membres se sont mis d'accord en décembre, à l'instigation de la France, sur quelques grands principes qui en assureraient la pérennité. Il leur faudra pour cela surmonter l'hostilité des cinq autres ? Malte, Danemark, Pays-Bas, Suède et surtout Grande-Bretagne, adversaire de toujours de l'Europe verte. prêts bonifiésLors du Salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy avait annoncé une série de mesures, dont une augmentation de 800 millions d'euros de prêts bonifiés et une aide de 50 millions d'euros pour les plus endettés. En octobre, une précédente enveloppe de 1 milliard d'euros de prêts bonifiés avait déjà été validée par l'Etat. Depuis son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy a entretenu des rapports plutôt tièdes avec le monde agricole, qui n'a pas oublié son passage mouvementé au Salon de l'agriculture de 2008. H. F. (avec agences)

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