Les jeunes Californiens retrouvent le goût de l'engagement politique

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En voisins de la Silicon Valley, quoi de plus naturel pour les California College Democrats (CCD), une association de jeunes étudiants démocrates, que de se tourner vers les média sociaux pour faire campagne ? Ils viennent de créer un partenariat avec la société Behum.com qui se spécialise dans la communication politique sur Facebook et Twitter. Behum est une contraction de Be Heard You Matter (Faites-vous entendre, vous comptez).Concentrer les efforts sur le NevadaMais les associations de jeunes démocrates utilisent aussi des méthodes plus traditionnelles pour se faire entendre et mobiliser les électeurs. « Nous appelons ceux qui votent pour la première fois pour les inciter à se déplacer », explique Paul Murre, le président de CDD. « Comme le président va gagner la Californie, nous allons concentrer nos efforts sur le Nevada en envoyant à la fin septembre nos membres faire du porte à porte. »Comment Paul Murre est-il devenu démocrate ? « En regardant la guerre d\'Irak à la télé quand j\'avais 13 ans. Ce n\'était pas juste. Mon engagement est basé sur la compassion et le souci d\'autrui. C\'est aussi simple que cela. » Cet engagement l\'a conduit à travailler sur la réforme de la santé auprès de Nancy Pelosi qui dirige les élus démocrates à la chambre des représentants et à diriger « Students for Gavin Newsom », une association créée pour faire élire l\'ancien maire de San Francisco au poste de Lieutenant-gouverneur de Californie.Obama, plus près des préoccupations des jeunes ?« Mitt Romney est le pire choix possible pour les jeunes », continue Paul Murre. « C\'est important pour les jeunes de réélire Obama qui a passé la réforme de la santé, a mis fin à la guerre en Irak, a stoppé la politique contre les homosexuels dans l\'armée, est favorable au mariage gay et a promis de ne pas pourchasser les jeunes immigrants sans papier. » En Californie, les jeunes se soucient plus particulièrement des coupes répétées dans l\'éducation primaire, secondaire et universitaire. Les frais d\'inscription à l\'université grimpent sans cesse depuis quelques années et un étudiant termine typiquement ses études universitaires avec une dette en moyenne de 17.000 dollars.Jennifer Longley est la présidente de California Young Democrats (CYD), une association qui vise les jeunes jusqu\'à 35 ans. Elle a attrapé le virus démocrate en entendant Howard Dean, candidat à la présidentielle en 2004, sur le campus de son université, San Francisco State University. « C\'était une inspiration d\'entendre quelqu\'un en faveur des idéaux démocrates et de la justice économique. » Depuis elle a participé à maintes campagnes.Des jeunes engagés, mais pas assez informés« Ma génération, les jeunes nés entre 1978 et 1992, nous sommes le groupe le plus divers ethniquement et le plus éduqué. En 2012, nous représentons 33% des Américains qui ont le droit de vote. Ce qui est excitant est que nous sommes habitués à avoir un impact positif, à faire partie du changement », s\'enthousiasme Jennifer Longley.La chef des « young dems » met ses troupes au service de causes locales. « L\'année dernière, un membre du conseil municipal de la ville de Chico qui appartient au Tea Party a essayé de faire passer une mesure qui aurait permis de voter en juin au lieu de novembre, quand les nombreux étudiants de la ville sont en vacances. Des sympathisants sont venus de toute la Californie du nord pour faire du porte-à-porte et on a repoussé la mesure », raconte fièrement Jennifer Longley.« Les électeurs plus âgés ne votent pas car ils n\'aiment pas les choix. Mais les plus jeunes ne se déplacent pas parce qu\'ils ne sont pas assez informés. Nous devons aider à les éduquer », continue la présidente des jeunes démocrates californiens dont la liste de distribution comprend environ 50.000 noms.La voix des jeunes républicains et indépendants« Ma mère a lancé une petite entreprise et a travaillé très dur. J\'ai appris très tôt que travailler dur est ce qui devrait être récompensé et que les gens comme ma mère font avancer l\'économie, pas le gouvernement », explique, quant à lui, Shawn Lewis, le président des Berkeley College Republicans. « Le parti républicain met l\'accent sur l\'initiative personnelle et la responsabilité alors que les démocrates aimeraient voir plus d\'Américains dépendants des services gouvernementaux. »Son association qui compte environ 600 membres sur le campus réputé très à gauche de l\'université de Berkeley est là pour informer, recruter et éveiller l\'intérêt des étudiants sur des sujets locaux et nationaux notamment grâce à des causeries avec des intervenants extérieurs. « A Berkeley, les étudiants sont souvent intéressés par la politique, mais n\'ont pas le temps de lire plus en détails et de prendre des décisions informées. Notre association est confiante que les étudiants, si on leur donne la vérité sur les sujets qui les touchent le plus comme le chômage des jeunes et la dette étudiante, seront plus attirés par les solutions du parti républicain. »Matt Metzner, jeune diplômé en droit, travaille pour Independent Voter Network, un site d\'information politique dans la mouvance des indépendants. « J\'étais inscrit comme républicain, mais j\'ai voté pour Obama en 2008. Autour de moi, il y a ceux qui veulent avoir une voix, ceux qui sont apathiques et la majorité qui est très sceptique de l\'information qu\'ils reçoivent. » Quant à lui, il envisage de donner sa voix à un candidat en dehors des deux grands partis pour la présidentielle.Paul Murre des California College Democrats avoue que les observateurs semblent déterminés à ne pas tenir compte du vote des jeunes cette année car ils semblent moins motivés qu\'en 2008. Si les jeunes électeurs ne se déplacent pas en novembre, ce ne sera pas parce que leurs pairs très engagés n\'auront pas tout fait pour les motiver. 

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