L'envolée du baril grippe la logistique de l'or noir

 |   |  423  mots
Coincée entre Kazakhstan, Chine et Mongolie, la partie russe des montagnes de l'Altaï en Sibérie n'est pas la zone de Russie la plus aisée pour la distribution de pétrole. Elle fait face, depuis le week-end de Pâques, à une pénurie d'essence qui bloque une partie de l'activité. Un constat aussi étonnant que si le relief de l'Assir, au sud de l'Arabie Saoudite, venait à manquer de pétrole. En effet, la Russie est actuellement le premier producteur de pétrole. Elle extrait 10,56 millions de barils par jour, devant l'Arabie Saoudite (8,9 millions de barils), qui modère sa production dans le cadre des accords de l'Opep.À l'origine de cette pénurie, la tentative par le gouvernement russe, en février dernier, de brider la hausse domestique de l'essence afin de modérer l'inflation. Plutôt que de livrer de l'essence à bas coût, les groupes pétroliers russes se sont donc précipités vers le marché international où le litre d'essence se vend deux fois le prix intérieur. Ce type de dysfonctionnement est appelé à se multiplier avec la prime permanente endossée par le baril de pétrole pour causes géopolitiques, depuis le début de l'année. Le baril de brent cotait 125,27 dollars mercredi en Europe, contre 112,68 dollar pour le WTI américain.Tensions politiquesL'interruption partielle des livraisons de la Libye ainsi que la détérioration de la situation en Syrie ou au Yémen ne cesse d'alimenter la hausse, au point que l'Arabie Saoudite craint une chute de la croissance. Le royaume a réduit sa production en avril, après avoir accéléré les cadences en mars pour combler le déficit de pétrole libyen. Mais le directeur exécutif de la compagnie pétrolière Saudi Arabian Oil Company, Khalid al-Falih, a déclaré, mardi, que son pays était inquiet de l'impact des prix sur la croissance économique, une situation jugée « inconfortable » par le dirigeant. Mercredi, le président américain Barack Obama a enfoncé le clou en assurant que son administration discutait du sujet avec l'Arabie Saoudite. « Si nous n'avons pas de croissance, ils n'auront pas de revenus non plus », a-t-il indiqué. Car l'envolée de l'or noir est accentuée par la dégradation des relations américano-saoudiennes, après les crises en Égypte et au Bahreïn. Un contexte qui affaiblit les propos du premier consommateur mondial lorsqu'il tente, avec une majorité d'experts du pétrole, d'affirmer qu'une offre supplémentaire pourrait faire baisser les cours.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :