L'Espagne en quête de la quadrature du cercle pour son budget 2013

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Le Conseil des ministres espagnol a approuvé Jeudi le projet de loi des finances pour 2013. Le Gouvernement de Mariano Rajoy devait jouer serré : il s’agissait de ramener le déficit de 6,3% en 2012, à 4,5% en 2013, malgré la hausse des dépenses liées aux intérêts de la dette (l’Espagne paiera près de 10 milliards d’euros de plus d’intérêts sur la dette, à 38,6 milliards) et aux prestations sociales, (retraites, chômage…) qui représentent 63,6% des dépenses totales. Pour y faire face, le Gouvernement devra puiser 3 milliards d’euros dans le « fonds de réserve » de la sécurité sociale. Le tout, dans un contexte de récession : Fitch prévoit une contraction de 1,5% du PIB en 2013, et le Gouvernement, de 0,5%. Les retraites seront toutefois revalorisées, ce qui a fait dire au ministre du Budget Cristobal Montoro, que ce « budget est clairement social ».Convaincre les marchés Pour y parvenir, les dépenses ministérielles baisseront de 8,9%. Du côté des recettes, le Gouvernement a prévu la mise en place de plusieurs hausses fiscales pour 4,4 milliards d’euros, avec la suppression de certaines déductions sur l’impôt sur les sociétés aux grandes entreprises, ou encore la création d’un impôt sur les prix gagnés à la loterie nationale. Ce budget devra convaincre les investisseurs de la capacité de l’Espagne à sortir du marasme, et pour se faire, le Gouvernement a également présenté la « Stratégie espagnole de politique économique », document au sein duquel sont détaillées 43 nouvelles lois destinées à « asseoir les bases de la croissance future », d’après le ministre de l’Economie Luis de Guindos. Ce texte était particulièrement attendu car la presse estimait qu’il servirait à anticiper les conditions d’un éventuel nouveau sauvetage par l’UE, bien que Rajoy s’obstine à entretenir le suspense en la matière. De fait, parmi ces mesures sont annoncées de futures réformes en ligne avec les recommandations européennes, comme celle des retraites ou la création d’une autorité fiscale indépendante.Union bancaire et régions font douter Ces projets sont présentés alors que la trêve sur les marchés dont bénéficiait l’Espagne depuis plusieurs semaines semble bel et bien refermée après de nouvelles tensions sur le marché de la dette (spread à 450 points). Les doutes sur l’Union bancaire, soulevés par l’Allemagne, les Pays Bas et la Finlande mardi ont participé à ce recul des marchés. La question est de savoir si l’Espagne devra répercuter sur sa dette publique le sauvetage des banques en perdition. De même, le tour violent qu’a pris la grogne des Espagnols, après de récents heurts entre manifestants et forces de l’ordre autour du Congrès des députés ne rassure pas quant à l’état social du pays. Les velléités indépendantistes catalanes ajoutent encore au trouble. Enfin, la situation des régions continue d’inquiéter. La Castille-La-Manche a annoncé Jeudi qu’elle aura besoin de l’aide de l’Etat afin de faire face à ses échéances de dette d’ici la fin de l’année. Le montant des demandes s’élève à environ 15 milliards d’euros pour cinq des dix-sept régions espagnoles, alors que le fonds est doté de 18 milliards.   

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