Les valeurs de la sidérurgie se paient à prix d'or

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La sidérurgie ne semble pas tirée d'affaire. ArcelorMittal, premier producteur mondial d'acier, a certes renoué avec les bénéfices, après trois trimestres consécutifs de pertes. Mais le résultat net de 903 millions de dollars (631 millions d'euros), publié hier au titre du troisième trimestre, provient d'un crédit d'impôt de? 899 millions de dollars. Aditya Mittal, directeur financier du groupe, a d'ailleurs reconnu que ce dernier accuserait une perte sur l'ensemble de l'exercice 2009. Conséquence, hier à Amsterdam, l'action a chuté de 4,9?%, hier, à 23,30 euros.Surtout que 2010 ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Lakshmi Mittal a beau discerner quelques signes de reprise çà et là, « l'environnement global demeure difficile », soupire le patron d'ArcelorMittal. Ses concurrents américains US Steel et AK Steel n'avaient pas dit autre chose, la veille, lors de la présentation de leurs comptes semestriels.La sidérurgie continue de souffrir de la mauvaise santé de ses principaux clients, la construction et l'automobile, particulièrement touchés par la crise économique. La situation des groupes de sidérurgie est à ce point délicate qu'elle pourrait déboucher sur une nouvelle vague de concentrations. « Cela permettrait notamment de réduire les capacités de production excédentaires », souligne PricewaterhouseCoopers, dans une récente étude. pousser l'intégrationDes fusions et acquisitions sont d'autant plus souhaitables, selon le cabinet d'études, que les groupes de sidérurgie doivent pousser plus avant leurs schémas d'intégration verticale, afin de sécuriser leur approvisionnement en matières premières et de garder une certaine maîtrise sur les prix de celles-ci.Le problème, c'est que la frilosité des banques à prêter et l'endettement élevé de certains groupes constituent un frein aux transactions de taille importante. Les prochaines fusions et acquisitions dans le secteur devraient être plutôt le fait de « small cap » comme le distributeur allemand d'acier Klöckner & Co, qui, d'après les analystes de JP Morgan, aurait « deux projets de rachats dans les tuyaux, dont l'un pourrait être annoncé d'ici à la fin 2009 ». Par ailleurs, si concentration il y a, elle sera emmenée par les marchés porteurs d'Asie et d'Océanie, qui ont représenté 85 % des acquéreurs au premier semestre, et concentré 71 % des cibles, selon PricewaterhourseCoopers.Autre obstacle à la concentration du secteur, les valorisations sont loin d'être bon marché. La sidérurgie n'a pas échappé à l'appétit des investisseurs pour les valeurs cycliques. L'indice mondial Bloomberg des producteurs d'acier et de fer grimpe de 53?% depuis janvier. Si bien que les capitalisations des sociétés qui le composent représentent en moyenne 1,5 fois leur actif net.

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