La présidente argentine cherche de nouveaux appuis

Néstor Kirchner, qu'on appelait « l'ancien président en fonctions » jouait un rôle essentiel dans le gouvernement de son épouse Cristina Fernández de Kirchner, même s'il n'y occupait aucun poste officiel. Mais la présidente n'était pas pour autant une marionnette aux mains de son mari, décédé d'une crise cardiaque mardi soir : les Kirchner fonctionnaient comme une association politique et, de fait, c'était bien le couple qui dirigeait le pays. Nestor était aussi le candidat du pouvoir pour les présidentielles d'octobre 2011. Deux personnes paraissent aujourd'hui en mesure de se présenter au nom du gouvernement : l'actuelle chef de l'État, bien sûr, et le gouverneur de la province de Buenos Aires, Daniel Sciol. Mais Néstor Kirchner sera plus difficilement remplaçable en tant que fédérateur des organisations péronistes, et son absence pourrait profiter à la CGT (Confédération générale du travail), la puissante centrale syndicale, aujourd'hui l'un des principaux soutiens du gouvernement. Échapper à l'emprise syndicaleD'ailleurs, après la mort de Kirchner, le secrétaire général de la CGT, Hugo Moyano, a immédiatement réaffirmé sa « fidélité » à la présidente. Un renforcement de l'influence des syndicats serait une mauvaise nouvelle pour les chefs d'entreprise. Non que la CGT soit une organisation révolutionnaire, ni même de gauche. Bien au contraire, elle représente plutôt la version la plus droitière du péronisme. Dans la pratique, les dirigeants syndicaux, qui gèrent les oeuvres sociales des travailleurs, défendent des revendications salariales dans le but d'augmenter leur pouvoir. Ils recourent volontiers à des blocages (de camionneurs notamment) pour faire pression sur les entreprises. La CGT est également à l'origine d'un projet de loi de partage des bénéfices des sociétés qui effraie la communauté d'affaires. Pour échapper à cette emprise, la présidente Cristina Fernández de Kirchner devrait chercher d'autres appuis, donc ouvrir le jeu. Cela lui permettrait de récupérer des dirigeants péronistes aux conceptions plus modernes en ce qui concerne les institutions, l'entreprise et les syndicats, passés à l'opposition pour cause de Néstor Kirchner. Reste à savoir si la présidente veut, et peut, tenter l'ouverture. Jean-Louis Buchet, à Buenos Aires

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