Brune ou Blonde, la femme est fatale
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D'emblée elles sont là sur des écrans, Brigitte, Sylvana, Catherine, Rita, Marylin, Tipy ou quelques autres encore. Blondes pour l'éternité, jusque dans nos rêves, telles que les ont vues ou fabriquées les metteurs en scène. « Brune/Blonde », il semble, ici, dans cette exposition à la Cinémathèque française, que le cinéma parfois ne tient qu'à un cheveu, à un fantasme, à un mythe. Un mythe qui se fabrique à travers l'émotion et souvent l'érotisme. Le propos n'est pas toujours très lumineux, et on coupe un peu trop les cheveux en quatre. Cela tient parfois plus de la sémantique que de la simple évidence. Mais on se laisse aller de chevelures en tignasses, de coupes en brushings. De beauté en icônes. Chaque époque a ses tendances, la coupe au carré dans les années 1920 de Louise Brooks, la blondeur platinée de Jean Harlow qui consacre les années 1930, la mèche sur l'oeil de Veronika Lake pour les années 1940. Et ainsi de suite, les ondulations voluptueuses de Rita Hayworth, l'apprêt de Marilyn Monroe ou le chignon de Tippi Hedren. Sans oublier la mèche blonde dans la bouche de Monica Vitti. Tout un programme qui crée le mythe de la blonde, point de départ de l'exposition. Blonde qui représente sexualité et érotisme, jusqu'à en être parfois garce. À côté, la brune est sage, souvent victime. Il y a donc tout un vocabulaire de la chevelure dans le cinéma que les metteurs en scène utilisent. La sexualité s'exprime à travers le reflet, la caresse, le mouvement de la chevelure. La violence attrape le vent qui claque les mèches sur le visage, s'empare du désordre. Plus trouble encore, le travestissement. La brune qui devient par la magie d'une perruque une fausse blonde et vice versa comme chez Hitchcock ou Almodovar. Toute géographie de la femme dont photos, installations et extraits de films sont les plus vrais miroirs. Jean-Louis Pinte À la Cinémathèque française de Paris jusqu'au 16 janvier. www.cinematheque.f
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