Il faut que Paris reste en première division

La deuxième mi-temps du match de l'euro a commencé. Avec un but dans les filets du « Club Med », ces pays fragiles de la zone. On sait maintenant que leur défense peut faire défaut au-delà de 2013, qu'ils peuvent ne pas rembourser les créanciers privés, que leur dette n'est pas inattaquable. Dès lors, le terrain de la monnaie unique comprend bien deux équipes, les forts et les faibles, ceux qui pourront bénéficier de taux d'intérêt bas parce que leur économie et leur niveau d'endettement inspirent confiance, et ceux qui au contraire suscitent le doute voire la méfiance et qui devront payer pour cela, avec un coût d'endettement prohibitif. D'un côté la « Mannschaft » (équipe en langue germanique) de l'Allemagne et de ses alliés néerlandais et autrichiens, de l'autre les Grecs, les Irlandais, les Portugais voire demain les Espagnols et même les Italiens. À cet égard, l'euro est bien comparable au football dont un joueur britannique, Gary Lineker, disait que « c'est un jeu qui se pratique à onze contre onze et ce sont les Allemands qui gagnent à la fin ». Et la France me direz-vous ? Assise sur le banc des remplaçants, elle s'interroge. Dans quel camp rentrer ? Au sein du Club Med en vertu du principe selon lequel il vaut mieux être un fort parmi les faibles ? Dans ce cas, il faudra en assumer les conséquences et payer le prix de la procrastination tricolore avec ses déficits galopants, son trou de la Sécu, sa base fiscale trop étroite, son coût du travail trop élevé. La réponse inverse va de soi : il faut jouer avec les forts, quitte à devoir hausser notre niveau pour ne pas être le vilain petit canard. Cela implique de vrais efforts, consentis par tous, une réforme fiscale digne de ce nom, des gains de productivité, des créneaux à trouver pour le « made in France », un peu moins cher que l'Allemagne mais de bonne qualité tout de même. Rester au sein de la première division avec le triple A des agences de notation floqué sur le maillot tricolore impose des sacrifices. Il est temps que les Français le comprennent. Pour nous aussi, la deuxième mi-temps du match de l'euro a commencé. [email protected] Olivier Provost Directeur adjoint de la rédaction

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.