Le nouveau prêt à taux zéro soutient la demande... et la hausse des prix
La Tribune
La Tribune
Face à la hausse conjuguée des prix et des taux d'emprunt, la nouvelle mouture du prêt à taux zéro (appelée PTZ+) est souvent présentée comme la planche de salut des ménages qui veulent acheter. Il est octroyé aux primo-accédants sans plafond de ressources depuis le 1er janvier. La durée de remboursement de ce « crédit gratuit », elle, en revanche, est encore calculée en fonction des revenus. Et peut varier de 5 à 30 ans. Même si ce PTZ+ est très récent, son efficacité semble avérée dans plusieurs villes de France, à en croire une étude conjointe de l'Université de Dauphine et du Crédit Foncier. Ainsi, la solvabilité des ménages a été améliorée de 8% à Cergy et de 7,4% à Massy grâce à ce dispositif.Sur les marchés plus tendus, le PTZ+ perd souvent de son efficacité. En effet, le montant du PTZ+ est moindre dans certaines zones, comme dans la capitale. Ainsi « depuis six mois à Paris, surtout dans les quatre premiers arrondissements, aucune affaire n'a été conclue avec des primo-accédants ! », se lamente un agent immobilier du réseau Fnaim. Il faut dire que l'autre critère qui entre en ligne de compte pour le calcul du prêt à taux zéro est la qualité énergétique du bien. Qui ne constitue pas le point fort des immeubles parisiens, classés en E ou en F au terme du diagnostic de performance énergétique (DPE). Devenu incontournable avant toute transaction, ce diagnostic voit sa fiabilité remise en cause. Le mois dernier, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir pointait du doigt qu'un même bien « test » avait était classé C, D ou E selon les diagnostiqueurs... Normal : ce sont les vendeurs qui choisissent à quel professionnel ils font appel. « Étrangement, on ne voit pas souvent de biens classés en dessous de D », ironise un courtier.Surchauffe entretenueDe l'avis de tous, le PTZ+ a globalement permis de renforcer la capacité d'emprunt des acheteurs. Et c'est peut-être là le problème : en permettant d'emprunter plus, le Gouvernement permet aussi aux vendeurs... de demander plus ! L'effet pervers de ce type d'aide est donc, justement, d'entretenir la hausse des prix au lieu d'éviter la surchauffe conduisant à une bulle immobilière. Seul garde-fou qui a été mis en place : le PTZ+ ne peut représenter plus de la moitié des emprunts finançant l'achat d'un logement. « Et il ne déclenche pas l'achat », admet Ludovic Huzieux, directeur associé d'Artemis courtage, pour qui « l'avantage de la mise en place du PTZ+ a d'ores et déjà été compensé par la hausse des taux ». À se demander ce qu'il se passera ces prochains mois alors que les taux vont continuer de grimper...
La Tribune
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France