ENTRETIEN — Longtemps accro aux joutes verbales et physiques, l’actrice a peu à peu appris à dompter sa colère pour s’ouvrir à d’autres émotions.On a tous une Camille Chamoux dans notre vie. Parfois hilare, souvent - trop - en retard (elle a même oublié de récupérer sa fille à la crèche). Celle qui préfère l'autodérision à la transmission de ses émotions. « Mes questions nombrilistes, je les réserve à mon psy. » Bonne élève scolarisée dans les établissements privés du 16e arrondissement de Paris, l'ado, fille de bonne famille de droite néolibérale, s'est toujours opposée aux interdictions et injonctions imposées par la société « normalisée ».
Adepte de la castagne physique ou verbale, elle a récemment découvert la fragilité du corps et des émotions. Des sentiments inconnus, probablement enfouis par une colère prégnante et une impulsivité qui l'ont entraînée dans une décadence inconsciente. Cette prise de conscience sur la santé mentale et physique est le thème de son nouveau one-woman-show, Ça va ça va. Allez hop, un p'tit check-up !
LA TRIBUNE DIMANCHE - Votre santé mentale, ça va ça va ?
CAMILLE CHAMOUX - Si je suis pourtant un individu avec une solide santé mentale, j'ai découvert la notion de fragilité ces trois dernières années. Récemment, un vieux sage m'a dit : « Tu sais, Camille, dans ce métier, c'est chômage ou surmenage, il n'y a pas de demi-mesure. »
Mais dans les deux cas, c'est source importante de stress.
Absolument, car il faut savoir gérer. Le burn-out est vraiment la grande affaire du XXIe siècle occidental. Nous sommes des cafards avec un gros cerveau. Ce qui sauve le cafard, c'est qu'il ne le sait pas. Et en même temps, qui suis-je pour dire que le cafard ne sait pas qu'il est cafard ? Mais bon, a priori, le cafard n'est pas complètement lucide sur sa disposition de cafard. L'homme, lui, est 100 % lucide sur sa condition d'homme.
Joséphine Simon-Michel (Propos recueillis)