Constamment sur le qui-vive, elle porte en elle une armure invisible contre toute agression physique ou verbale. Alors, pour l'apprivoiser et la mettre en confiance, il faut montrer patte blanche. Sans préambule, elle me fait comprendre que c'est l'actrice qui s'épanche et non la duchesse de Savoie. Pas besoin de titre de noblesse pour ajouter du relief à sa vie hors du commun.
Alors, au bout de soixante minutes de confidences, elle s'étonne de s'être autant épanchée. Peut-être parce que la quinqua avait besoin d'évacuer la colère de cette gamine qui a dû quitter le Bénin après un coup d'État avorté, et de cette adolescente rebelle qui n'a jamais su trouver sa place.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Votre père était ingénieur au Bénin. Quels souvenirs gardez-vous de cette vie ?
CLOTILDE COURAU — On ne quitte pas un pays apaisé mais subissant un coup d'État. À 7 ans, j'ai découvert le bruit des balles qui pètent la nuit. Je fais partie de ceux et celles qui savent ce que sont véritablement la terreur et le chaos. Encore aujourd'hui, il m'est insupportable d'entendre un coup de feu. C'est inscrit dans mon ADN.
Y êtes-vous retournée depuis ?
Je vis une histoire très personnelle avec le Bénin parce que mon père a refait un bout de sa vie avec une Nigérienne-Béninoise, avec laquelle il a eu des enfants. Je suis très proche de mes demi-frères et demi-sœurs et, dès que j'en ai l'occasion, je leur rends visite à Cotonou.
Aujourd'hui, je réussis à affronter toutes les situations sans jamais faillir.
Joséphine Simon-Michel (propos recueillis)