Intervilles, Carmen Curlers, L’Odyssée du Top 14… Notre sélection écrans de la semaine
Rémi Jacob

Notre sélection écrans de la semaine du 30 juin 2025.
LTD/Tine Harden/Stephane Grangier - France Télévisions/ SOCIETE D'EDITION DE CANAL PLUS
Rémi Jacob

Notre sélection écrans de la semaine du 30 juin 2025.
LTD/Tine Harden/Stephane Grangier - France Télévisions/ SOCIETE D'EDITION DE CANAL PLUS
En voiture Simone ! Le jeudi 3 juillet, Intervilles reprend du service en prime time sur France 2. Lancé en 1962 au temps de la RTF et présenté successivement par de grandes figures comme Guy Lux ou Léon Zitrone, ce jeu appartient au club très fermé des monuments de la télé. Des grands programmes populaires capables de réunir toutes les générations devant le poste. « Cela fait des années qu'on reçoit de nombreux courriers de téléspectateurs nous réclamant son retour », assure Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des programmes de France Télévisions.
Leur vœu a été exaucé. Avec aux manettes de cette nouvelle version Nagui - qui avait déjà animé le jeu durant les étés 2004 et 2005 - et Bruno Guillon, entourés de Yoann Riou, Valérie Bègue, Camille Cerf et Magali Ripoll. Côté pile, on garde les fondamentaux. « Des candidats déguisés, des pistes avec du savon et donc des gadins, de la mauvaise foi et beaucoup de fous rires », promet Nagui.
Un énorme barnum en direct depuis une ville différente chaque semaine durant tout le mois de juillet. « C'est un programme populaire et bon enfant, on a reçu énormément de candidatures d'habitants qui souhaitaient participer, sourit Julien Jouhanneau, maire de Coulange-lès-Nevers, l'une des communes candidates. Cela permet de fédérer nos administrés. » Les heureux élus pourront se frotter aux tapis roulants, aux tournettes infernales et autres épreuves qui font le sel d'Intervilles, dont le célèbre mur des champions.
Mais côté face, les fidèles de l'émission risquent d'être déroutés. Intervilles sera relancée sans son fameux - et entêtant - générique culte, que la production n'a pas pu utiliser pour des raisons de droits. Surtout, les vachettes manqueront à l'appel. De quoi entraîner l'ire de plusieurs maires de villes du Sud-Ouest, comme Dax et Mont-de-Marsan, qui ont décidé de boycotter le programme, qualifié de « woke ».
« "Woke", ça veut dire éveillé, ce n'est pas une insulte, rétorque Nagui, droit dans ses bottes. En 2025, citez-moi une émission où l'on met encore des animaux sur un plateau télé pour faire des jeux. On a largement compris qu'ils avaient une vraie sensibilité et que le bruit et la lumière les perturbaient. Par ailleurs, en 2005, j'ai vu une vachette mourir pendant les répétitions. Ça m'a mis en colère. »
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À la place, les téléspectateurs de France 2 découvriront une mascotte baptisée Topa (en référence au « top à la vachette ! » lancé à chaque épreuve où les candidats devaient franchir un obstacle en évitant les charges de l'animal) et dessinée par Zep, le papa de Titeuf. Suffisant pour fédérer un aussi large public que par le passé ? « Ça va être très compliqué, prédit un concurrent. Quand on relance un jeu, ce qui marche le plus souvent, c'est de ne pas changer le concept initial d'un cheveu. » Réponse vendredi à 9 heures, avec la publication des audiences Médiamétrie.

Cette série danoise est inspirée d'une histoire vraie et... décoiffante. Celle d'Arne Bybjerg Pedersen (1928-2022) - rebaptisé ici Axel Byvang et campé par Morten Hee Andersen -, qui inventa dans les années 1960 le bigoudi électrique. Un accessoire qui changea le quotidien de millions de femmes, ainsi que celui de cet ancien propriétaire d'un magasin de radios et télévisions dont l'entreprise connut une ascension fulgurante et employa jusqu'à 3.500 salariés.
Le fabuleux destin de ce dirigeant fantasque qui recrutait ses managers en fonction de leur signe astrologique a tapé dans l'œil de la scénariste Mette Heeno, qui signe Carmen Curlers. Une série résolument pop dont la première saison - elle en compte deux - est à découvrir en prime time sur Arte les 3 et 10 juillet. L'intrigue, loin d'être tirée par les cheveux, débute à l'été 1963 lorsque Birthe Windfeld (Maria Rossing), une jeune agricultrice, décide de se faire une beauté pour la confirmation de son fils et se rend dans un salon de coiffure. Mais lorsqu'on lui annonce le prix d'une permanente, elle doit renoncer.
Axel Byvang, qui a assisté à la scène, se met en branle pour développer son fameux bigoudi chauffant, entraînant dans cette aventure la jeune femme, qui deviendra son bras droit. Au-delà de son très solide casting, Carmen Curlers réussit le tour de force de peindre avec une infinie justesse une époque et un pan de l'histoire sociétale danoise, marquée par la lutte des classes et l'émancipation des femmes. Le tout saupoudré d'un humour décalé et de dialogues bien sentis. On craque également pour l'esthétique rétro aux tons pastel et acidulés de cette série qui apporte la preuve éclatante que les Danois ne sont pas uniquement les maîtres du polar ou des fictions politiques !
Après plus d'un siècle d'amateurisme, le rugby devient professionnel en France le 26 août 1995. Un changement d'ère pour ses pratiquants qui, même au plus haut niveau, exerçaient jusqu'alors un métier à côté. Cette révolution est au cœur du documentaire L'Odyssée du Top 14, diffusé ce dimanche à 21 heures sur Canal+, au lendemain de la finale entre Toulouse et Bordeaux-Bègles.
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Ses réalisateurs, Étienne Pidoux et Éric Bayle, du service des sports de Canal+, y retracent trois décennies marquées par l'arrivée du marketing et de la technologie, ainsi qu'un bouleversement des méthodes d'entraînement. Au-delà de la richesse des archives de Canal+ - compagnon de route du rugby depuis ses débuts pro -, ce documentaire se distingue par son casting cinq étoiles. Avec, pour décortiquer les coulisses du Top 14, le précieux témoignage de 14 personnalités. Dont des légendes internationales venues mettre un coup de fouet au championnat tricolore comme Dan Carter ou Jonny Wilkinson, lequel a évolué comme demi d'ouverture au RC Toulon entre 2009 et 2014. « C'était une star mondiale, notre Michael Jackson, nous confie Mourad Boudjellal, ancien président du club, qui témoigne également dans le documentaire. J'essayais chaque année de le faire venir. Ce n'est que lorsque je l'ai vu sur le terrain la première fois que j'ai compris. »
Rémi Jacob