TikTok sans aucun filtre, Le retour de « The Last of us »... Notre sélection écrans de la semaine
Rémi Jacob

Découvrez notre sélection médias de la semaine du 7 avril 2025.
LTD/Radio France ; ARTE France/Morgane Productions ; Warner Bros discovery
Rémi Jacob

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Ce n'est certes pas le premier documentaire consacré à TikTok, mais l'enquête diffusée mardi en prime time sur Arte vaut son pesant de yuans. En seulement quatre-vingt-dix minutes, son réalisateur, Vincent de Cointet, réussit le tour de force de dévoiler de manière extrêmement minutieuse l'envers du décor de cette application chinoise de partage de vidéos devenue l'une des plus populaires au monde, avec près de 1,7 milliard d'utilisateurs.

On replonge en 2012, aux prémices de cette aventure entrepreneuriale hors norme. À l'époque, Zhang Yiming, un brillant ingénieur de Pékin, fonde la start-up ByteDance. « Il était fasciné par les géants de la Silicon Valley et notamment Facebook, nous explique le réalisateur. Il a d'abord lancé Toutiao, une application de partage de contenus d'actualité, qui a développé un algorithme redoutable et révolutionnaire. Celui de Douyin [nom de la plateforme en Chine] et de sa version internationale, TikTok [lancés en 2016 et 2017], en est la réplique. »
Comme le montre avec justesse ce documentaire émaillé de nombreux témoignages d'experts - notamment taïwanais et australiens -, ce n'est que progressivement que le Parti communiste chinois (PCC) met le grappin sur la plateforme. Objectif : asseoir son pouvoir en la plaçant au cœur de son système de surveillance et de répression. Mais également imposer son narratif partout dans le monde, en poussant des vidéos correspondant à sa ligne politique, comme après le 7 octobre 2023 avec la mise en avant de contenus propalestiniens.
« Pourtant, ces dernières années, la plateforme a tout fait pour se présenter, avec beaucoup d'aplomb, comme une entreprise mondialisée et sans nationalité. D'une certaine manière, cela a fonctionné puisque au moins la moitié des utilisateurs ignorent qu'il s'agit d'une société chinoise. » Dans la deuxième partie du documentaire, c'est l'affrontement avec les États-Unis qui est examiné à la loupe. Car dès le premier mandat de Donald Trump entre 2016 et 2020, les relations entre les deux pays tournent au vinaigre.
Taillant des croupières aux réseaux sociaux maison, TikTok se retrouve dans le collimateur des autorités américaines, qui craignent également pour les données personnelles de leurs concitoyens. « Il n'existe pas de preuve ; cependant, le risque que ces données soient captées par les autorités chinoises est réel. L'enjeu est donc économique mais également sécuritaire. »
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En avril 2024, sous la présidence de Joe Biden, le Congrès avait décidé à la quasi-unanimité que ByteDance devait céder TikTok US à une entreprise non chinoise d'ici à janvier 2025, faute de quoi la plateforme serait interdite sur le sol américain. Cette mesure a pour l'heure été repoussée à deux reprises.
Les chiffres donnent le tournis. Mise en ligne le 8 mars, la bande-annonce de la saison 2 de The Last of Us a été visionnée 158 millions de fois dans le monde en seulement trois jours. Un record dans l'histoire de la chaîne HBO - son diffuseur outre-Atlantique - et de la plateforme Max, qui la propose en ligne dès ce lundi. De quoi augurer un succès similaire à celui de sa première saison lancée en 2023 et dont chacun des neuf épisodes avait été regardé en moyenne par 32 millions de personnes rien qu'aux États-Unis.

Pour ceux qui auraient loupé ce phénomène, replay : il s'agit de l'adaptation du jeu vidéo éponyme sorti en 2013 sur PlayStation 3. Faire voyager une franchise de la console vers le petit ou le grand écran, une tendance à la mode depuis quelques années, la dernière preuve en date étant le film Minecraft, carton en salles depuis la semaine dernière.
Dans The Last of Us, l'intrigue se déroule dans un monde décimé par une pandémie causée par un champignon mutant, le cordyceps, qui transforme les humains infectés en zombies agressifs et totalement incontrôlables. Avec au cœur de l'intrigue Ellie (Bella Ramsey), une adolescente immunisée contre l'infection, et Joel (Pedro Pascal), qui avait dans la saison 1 sauvé la jeune fille de soldats prêts à la tuer pour fabriquer un vaccin contre le champignon mortel.
Dans le premier épisode de la saison 2, on retrouve le duo cinq ans plus tard dans la ville autonome de Jackson, dans les montagnes du Wyoming, où sont réfugiés les survivants, toujours menacés par les humains infectés. Comme dans la première saison, la série réussit le tour de force de séduire touristes et puristes avec son casting irréprochable et cette noirceur qui sublime l'action.
Ne pas s'être frotté au jeu vidéo ne vous empêchera nullement de goûter ce voyage postapocalyptique à l'esthétique et aux décors magistraux. Avant même la sortie de ce deuxième volet, la plateforme a annoncé mercredi qu'il y aurait une suite.
Quatre-vingts longs-métrages, parmi lesquels d'innombrables chefs-d'œuvre mais aussi... quelques nanars. Un caractère bien trempé, une manière déconcertante de causer de lui à la troisième personne et des prises de position parfois polémiques. Nul ne pouvait rester indifférent à Alain Delon, monstre sacré - l'expression n'étant pour une fois pas galvaudée - du cinéma français.

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