Ce jour de fin juin, il est de passage dans les locaux parisiens de Memento, son producteur et distributeur français. Le réalisateur norvégien âgé de 51 ans, auréolé par le succès mondial de Julie (en douze chapitres), sorti fin 2021, et par le grand prix décerné en mai par le Festival de Cannes à Valeur sentimentale, s'affiche tout sourire. « J'apprécie toujours de revenir en France, c'est le pays où mes films sont coproduits depuis le début, où ils sortent en salles en priorité et où je fais les rencontres les plus intéressantes avec le public. » Rencontre.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Votre nouveau film a-t-il été écrit sous l'influence du succès de Julie (en douze chapitres) ?
JOACHIM TRIER - Oui et non. Évidemment, ce succès inespéré nous a mis une certaine pression, mais, en discutant avec mon coscénariste, Eskil Vogt, on s'est dit que face au risque d'un film qui serait sans doute comparé au précédent, on ne pouvait rien ! Alors autant ne pas y penser et agir en toute confiance, le plus librement possible au gré d'un récit sans aucun rapport avec le précédent.
Au départ, je voulais composer une histoire où il serait question de deux sœurs très différentes, et travailler de nouveau avec Renate. Je sentais advenir en elle quelque chose de plus mature qui m'a sans doute guidé dans l'écriture du personnage de Nora, une femme ambitieuse qui met son travail de comédienne au centre de sa vie, mais est rattrapée par ses histoires personnelles.