L’actrice Mélanie Thierry incarne une héroïne bouleversante dans « La Chambre de Mariana ». Un rôle pour lequel elle a appris l’ukrainien.Révélée au grand public en 2010 dans le rôle-titre - et poignant - de La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier, elle n'a jamais, depuis, démérité ni cessé de surprendre. Actrice à part, hyperémotive plutôt qu'hyper-active, Mélanie Thierry voit le cinéma comme une aventure qui se doit de vibrer et qui nous doit plus que de belles images.
Elle l'a récemment prouvé deux fois plutôt qu'une en endossant des rôles aux confins de l'extrême : dans Captives, d'Arnaud Des Pallières, où elle est enfermée dans une institution psychiatrique au XIXe siècle, et dans Soudain seuls, de Thomas Bidegain, où elle apprend à survivre sur une île déserte tout en supportant son mari... On le vérifie encore ces jours-ci alors qu'elle nous revient dans un film aussi âpre que tragique, La Chambre de Mariana.
Pour Emmanuel Finkiel, qui lui avait déjà confié le rôle de Marguerite Duras dans La Douleur (2017), elle incarne cette fois une Juste bouleversante qui, quelque part en Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale, cache un adolescent juif tout en survivant comme prostituée dans une maison close... Un personnage d'autant plus impressionnant qu'elle le joue en langue ukrainienne.
LA TRIBUNE DIMANCHE — C'est la troisième fois que vous tournez avec Emmanuel Finkiel, il y a une évidence entre vous ?
MÉLANIE THIERRY — J'ai connu Emmanuel sur le tournage de Je ne suis pas un salaud [2016], où j'avais un rôle secondaire qui me laissait le temps de l'observer travailler. Je trouvais ça fascinant, à la fois extrêmement organique et hypervibrant, sans doute parce que sa pensée m'inspire. J'ai eu la sensation que si un jour il fallait trouver le metteur en scène avec lequel je pourrais m'accomplir, me déployer plus instinctivement, sans tricher ni passer par des mots, ça pourrait être lui.
Propos recueillis par Alexis Campion