Encore minoritaires, les réalisatrices seront plus présentes cette année dans la sélection cannoise. Une belle avancée même si la parité n'est pas encore gagnée.« Encourageant mais peut mieux faire. » Voilà ce qu'un professeur pourrait écrire s'il devait noter la place des femmes dans les festivals de cinéma. À Cannes, les réalisatrices étaient quatre en 2024 à figurer en compétition officielle, elles seront sept cette année (Julia Ducournau, Lynne Ramsay, Hafsia Herzi, Kelly Reichardt, Mascha Schilinski, Carla Simón, Hayakawa Chie), sur un total de 22 films.
Une présence toujours minoritaire, alors qu'un quart des 2.900 films visionnés pour la sélection provient de réalisatrices... mais une progression tout de même, qu'on peut constater dans chaque catégorie de cette 78e édition.
Pour la première fois depuis soixante ans, deux femmes sont présidentes du jury deux années de suite : c'est Juliette Binoche qui, après Greta Gerwig, décernera la Palme d'or. Les autres jurys, paritaires, seront présidés par les réalisatrices Maren Ade (courts-métrages), Molly Manning-Walker (Un certain regard), Alice Rohrwacher (Caméra d'or) et Julie Gayet (L'Œil d'or). Côté paillettes, on annonce Mylène Farmer à la cérémonie d'ouverture et Nicole Kidman, lauréate du prix Women in Motion 2025, qui distingue ceux qui font évoluer la place des femmes dans la société.
Parmi les 70 films de la sélection officielle, on constate une « féminisation » croissante au fil des années et des deux côtés de la caméra. La réalisatrice Diane Kurys montrera ainsi en avant-première Moi qui t'aimais, un biopic consacré au couple Montand-Signoret, avec Roschdy Zem et Marina Foïs. Ce sera aussi la première fois qu'un premier film ouvre le festival et seulement la troisième fois pour une réalisatrice : après Diane Kurys et Maïwenn, Amélie Bonnin présentera Partir un jour mardi soir devant un parterre de célébrités dont Robert De Niro (Palme d'or d'honneur).