C'est en lisant l'interview de son ami André Dussollier dans La Tribune Dimanche qu'il a eu envie, lui aussi, d'un « Ça reste entre nous ». On ne va quand même pas se priver d'un monstre sacré. Après une journée de répétition de la pièce L'Injuste, dans laquelle il joue François Genoud, banquier des nazis, proche de Hitler et de Goebbels et qui toute sa vie a échappé à la justice et aux remords, Jacques Weber rejoint le bar du Théâtre de la Renaissance pour se prêter au jeu de la confidence.
Il s'assoit, sort son téléphone. « Pardonnez-moi, j'appelle ma femme car sinon elle va s'inquiéter... » C'est un petit garçon qui parle. « Allô Christine ? Oui, tout va bien, je suis en interview. Non, je ne rentre pas tard. Je te manque ? Bisous bisous bisous. » Trois bisous, comme les trois coups de brigadier. Jacques Weber, acte I, scène 1.
Après bientôt quarante-quatre ans de mariage, vous avez toujours besoin d'être rassuré par votre femme ?
Ce manque de confiance fait partie de moi. Mais je suis absolument béni des dieux et fou de bonheur d'avoir eu cette chance que notre amour soit aussi fort.
Il faut dire que vous êtes allé très loin pour la séduire...
Absolument. Je l'ai rencontrée en 1979 dans une boîte de nuit à Bénodet en Bretagne, à l'époque où j'étais très dragueur. J'ai immédiatement dit à mon ami : « Cette femme là-bas, c'est ma future femme. » Tout le monde m'avait reconnu sauf elle. J'étais tellement orgueilleux que j'ai tout fait pour qu'elle découvre que j'étais acteur.