Cannes, le festival de verre de Jean-Michel Othoniel
Daniel Schick
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Jean-Michel Othoniel expose à la Malmaison, à Cannes.
LTD/CHRISTOPHE AUBRY -Ville d'Avignon
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Jean-Michel Othoniel expose à la Malmaison, à Cannes.
LTD/CHRISTOPHE AUBRY -Ville d'Avignon
C'est le verre qu'Othoniel préfère. Ni la ouate, ni le marbre, qu'il confesse le laisser de... Othoniel est un créateur de reflets, un hypnotiseur. Le verre attire, fascine, ensorcelle. Il conduit l'imaginaire à ébullition. Sur le tapis rouge cannois, les gloires du cinéma mondial ont espéré attraper la lumière, ont joué avec elle. Les films racontent des histoires et conduisent les spectateurs à en inventer.
Plasticien-académicien, Jean-Michel Othoniel (né en 1964) fait la même chose. Ses sculptures et installations en verre dansent avec la lumière, la font se trémousser. Elles conduisent leurs contemplateurs à partir en rêveries, à se faufiler dans les histoires qu'Othoniel conte. Son art conduit à se sentir en « apaisanteur ». Le plasticien enchante le monde, qu'il sait violent et désappointant.
Si la profession de créateur-de-rêves-pour-les-autres était une appellation existante, elle serait celle qu'Othoniel aimerait voir inscrite sur son passeport. Un document qu'il utilise sans cesse. Sur son site Web figurent les lieux où il est exposé et, c'est assez simple, ces lieux s'appellent le monde entier. Othoniel revient de Shanghai, est à Cannes où il rallume le feu d'un lieu en renaissance, la Malmaison, demeure blanche située sur la Croisette. Cet été, il investira Avignon en dix expositions simultanées. Le vertige.
Le verre produit un effet immédiat et universel quel que soit l'humain qui se laisse happer par lui. Il est un attrape-œil dont la matière même ainsi que ses reflets font swinguer l'esprit. Pourtant, rares sont les artistes qui ont fait le choix exclusif d'utiliser le verre. Il s'agit d'imaginer les œuvres mais également de posséder la technique de fabrication du verre, de son soufflage, de sa coloration. Jean-Michel Othoniel en a la maîtrise et même un secret de fabrication déposé, comme Yves Klein le fit pour la composition de son fameux bleu.
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